Harare, 26/06/2000 (Agence Europe) - Pierre Schori, membre suédois du groupe socialiste au Parlement européen et chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne lors des élections législatives de samedi et dimanche au Zimbabwe, a affirmé dans une conférence de presse que "les qualificatifs de libre et d'équitable ne sont pas applicables à ce scrutin". Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, a délibérément entravé le travail des observateurs indépendants qui ont suivi ces élections, a dit en particulier M.Schori, qui a dénoncé les actes "de violence et d'intimidation enregistrés lors de la phase préélectorale".
En attendant de publier un rapport complet sur la mission d'observateurs de l'UE, Pierre Schori indique en particulier, dans une déclaration, que, malgré ce "haut niveau de violence et d'intimidation pendant la campagne et les sérieuses défaillances et irrégularités pendant le processus électoral", le peuple du Zimbabwe a montré "une claire détermination d'influencer l'avenir de son pays". M.Schori, qui indique que l'UE a déployé environ 190 observateurs qui ont visité, pendant les deux jours de vote, environ 1 700 sièges électoraux (40% du total), signale cependant le "sérieux problème" d' électeurs qui n'ont pas pu voter. Quant à la campagne électorale, M.Schori note en particulier que l'Electoral Supervisory Commission a été "rendue systématiquement inefficace, par des moyens aussi bien juridiques qu'administratifs", et que des changements introduits dans les dispositions électorales à seulement quelques jours du vote, ainsi qu'"une série d'obstructions administratives délibérées, ont sérieusement miné la capacité des observateurs nationaux de mener à bien leur travail". Selon M.Schori, les leaders de la Zanu PF semblent avoir "cautionné le recours à la violence et à l'intimidation contre les opposants politiques, et contribué de manière significative au climat de peur qui a été si évident pendant la campagne électorale". Dans les grandes villes, malgré les intimidations, la campagne a été "robuste", souligne M.Schori, alors qu'il constate que, dans beaucoup de zones rurales, "les niveaux d'intimidation par la Zanu PF étaient si intenses qu'ils ont pratiquement empêché l'opposition de faire campagne". En outre, signale-t-il, les media contrôlés par le gouvernement n'ont pas assuré un accès égal à tous les partis politiques, et les partis d'opposition ont dû compter uniquement sur les "media commerciaux".