Bruxelles, 26/06/2000 (Agence Europe) - Après MM. Nassauer et Ferber (voir EUROPE du 24 juin, p.5), deux autres membres allemands du Parlement européen ont critiqué, mais pour des raisons différentes, l'idée lancée par les autorités allemandes après le sommet de Feira de convoquer une nouvelle Conférence intergouvernementale bien plus ambitieuse que l'actuelle d'ici 2004, peut-être déjà en 2003 (voir plus loin).
Ainsi, l'élu européen de la CSU Ingo Friedrich s'oppose à une telle initiative pour les même raisons que ses compatriotes du groupe du PPE, en affirmant que la question du catalogue des compétences à répartir entre les différents niveaux de l'Union, que Berlin voudrait apparemment aborder seulement dans la prochaine CIG, doit être réglée déjà par la Conférence intergouvernementale actuelle, car, dit-il, "elle est un préalable de l'élargissement à l'Est". Selon lui, en outre, la tenue d'une CIG en 2004 reporterait l'élargissement de l'UE "au moins jusqu'en 2006".
En revanche, le social-démocrate allemand Jo Leinen, co-rapporteur (avec M. Dimitrakopoulos) du Parlement européen sur la réforme institutionnelle actuelle, rejette la méthode de la CIG, même s'il s'agissait d'"une "grande Conférence intergouvernementale". Selon lui, l'expérience des derniers mois confirme les limites de la méthode diplomatique, qui doit être remplacée, pour s'attaquer aux questions fondamentales de l'avenir de l'UE, par une "grande Convention" formée de représentants des gouvernements et des Parlements, selon le modèle de la Convention qui rédige actuellement la Charte des droits fondamentaux. En outre, M.Leinen souligne que l'union politique de l'Europe exige un "Traité constitutionnel".
La semaine dernière, un conseiller du chancelier Schröder avait, lors d'un entretien avec quelques journalistes, indiqué que l'Allemagne souhaitait, après la ratification du Traité de Nice, l'ouverture d'une nouvelle CIG d'une portée beaucoup plus large, qui aborderait en particulier les questions d'une Constitution européenne, de la répartition des compétences entre les différents niveaux (européen, national, régional) et de la création d'un noyau dur d'Etats membres prêts à progresser vers l'union politique.