Bruxelles, 23/06/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne va présenter au Conseil Transports de lundi (voir les pages précédentes) une vue d'ensemble sur l'état d'avancement de tous les aspects de la phase de définition du projet Galileo: configuration du système, financement, négociations internationales… Des études, qui devraient se conclure cet automne, "devraient permettre de confirmer l'ordre de grandeur" de 3 milliards d'euros pour le coût global de Galileo. Depuis le lancement du projet, la Commission a mis en avant sa volonté de financer Galileo par des fonds publics et des fonds privés. Les rencontres pour ce "partenariat public-privé" auraient donné de bons résultats - le chiffre de 1,5 milliard d'euros de contributions aurait été avancé par certains partenaires. Selon le rapport de la Commission, les importants revenus de l'exploitation de Galileo pourraient permettre "l'élaboration de schémas possibles de privatisation totale ou partielle future (systèmes au sol, systèmes commerciaux…)". La mise en place de Galileo devrait toutefois bien être réalisée sous tutelle des Etats contributeurs.
Une consultation internationale "tous azimuts" a été organisée. Les discussions avec les Etats-Unis ont, comme prévu, porté sur la compatibilité entre le GPS américain et Galileo. Selon le rapport, les Etats-Unis ne s'intéressent pas à la fourniture d'un signal certifié et payant, et préconisent "la fourniture d'un service gratuit à l'échelle mondiale". Les discussions avec la Russie font apparaître l'idée de "deux constellations indépendantes mais complémentaires", permettant "des réductions de coûts". Avec la Russie, des projets concrets de coopération industrielle devraient être lancés rapidement. Par ailleurs, le Canada aurait décidé de contribuer au financement de Galileo. "Israël, le Brésil, le Chili et certains pays d'Afrique et d'Asie" ont aussi montré leur volonté de coopérer à la définition ou la validation de projets pilotes.
L'architecture du système devrait permettre d'assurer à la fois le service de positionnement gratuit et le service certifié et payant. Concrètement, les experts "penchent en faveur d'un système qui serait basé sur une constellation de 30 satellites à placer sur 3 plans d'orbites moyennes" et dont les signaux seraient relayés par "un réseau de quelque 30 stations terrestres réparties sur le globe". Le réseau actuel de satellites européens, Egnos, sera intégré au système.
Ce rapport intérimaire sera suivi en décembre d'un rapport final qui devrait marquer la fin de la phase de définition de ce projet européen de système mondial de positionnement et navigation par satellite, et lancer la phase d'expérimentation et de validation. La Commission prévoit que Galileo sera opérationnel en 2007 ou 2008. Dès 2003, le système Egnos devrait être considérablement amélioré.