New York, 23/06/2000 (Agence Europe) - Le vendredi 23 juin, Javier Solana a pris la parole pour la première fois devant le Conseil de sécurité en tant que Haut Représentant de l'Union européenne pour la Politique étrangère et de sécurité commune, à l'occasion d'une session spéciale sur les Balkans au cours de laquelle l'ambassadeur Monteiro s'est exprimé au nom de la Présidence portugaise du Conseil de l'UE et Carl Bildt en sa qualité d'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour les Balkans. La voix de l'Union européenne s'est fait entendre au fil des années dans beaucoup de domaines du travail des Nations Unies, et ceci est "de plus en plus le cas aussi pour les questions de sécurité", a noté M. Solana, en constatant que ceci "rend nos relations avec l'Onu, et en particulier avec le Conseil de sécurité, encore plus importantes".
Quant aux développements dans les Balkans, M.Solana a dit que, malgré toutes les difficultés, il demeure optimiste pour l'avenir, et il a aussi rappelé que l'UE a été le principal donateur d'aide à la région: il s'agit de plus de 17 millards d'euros depuis 1991, a-t-il indiqué, en rappelant que, au seul Kosovo, "nous avons dépensé plus de 3 milliards d'euros pour des programmes non militaires", qui s'ajoutent à une contribution de 28 000 effectifs à la Kfor et de 1430 policiers (qui seront rejoints par 270 autres avant l'été). M. Solana a reconnu qu'il y a "un obstacle majeur" à la poursuite de l'"approche authentiquement globale" que l'UE entend appliquer dans la région: cet obstacle, "c'est la résistance de Belgrade au changement politique", a-t-il dit, en répétant que "nous voulons aider le peuple serbe, mais pour l'instant le président Milosevic demeure un obstacle". En esquissant les priorités de l'UE pour les prochains mois, M.Solana a dit que l'Union entend: - se concentrer d'abord sur les différentes élections prévues à l'automne (au Kosovo, en Albanie, en Bosnie, dans l'ancienne République fédérale de Macédoine et, "nous espérons aussi en Serbie"); - continuer à appuyer la société civile, ce qui est significatif en particulier pour la Rfy, mais aussi pour toute la région; - poursuivre sa politique de rapprochement des pays de la région à l'UE, grâce au processus de stabilisation et d'association (pour l'instant, la Rfy reste "en dehors de cet important processus", a constaté M. Solana); - continuer à promouvoir la coopération régionale, grâce notamment au Pacte de stabilité. M. Solana, qui a rappelé que le sommet de Feira lui avait donné le mandat de parvenir à une meilleure coopération dans la lutte contre le crime organisé et l'immigration illégale, s'est dit certain que le sommet proposé par le président Chirac pour l'automne prochain donnera une forte impulsion à la réforme et à la coopération dans la région.
Au sujet du Kosovo, M.Solana a réaffirmé en particulier que l'objectif clé demeure "une pleine mise en oeuvre de la Résolution 1244" du Conseil de sécurité , et a rappelé que, avec la Minuk et les Etats membres, il avait "travaillé très dur au cours des derniers jours" afin de prendre en considération les "préoccupations légitimes" des Serbes qui ont récemment suspendu leur participation aux institutions intérimaires, et de les encourager à réintégrer ces institutions.