Bruxelles/Genève, 09/05/2000 (Agence Europe) - L'Organisation mondiale du Commerce a retrouvé sa "motricité", avec la décision prise la semaine dernière de créer un mécanisme pour régler les problèmes de mise en oeuvre des engagements multilatéraux des pays en développement et l'ouverture annoncée de marchés essentiels aux moins avancés d'entre eux (les "pays moins avancés", PMA). Cette appréciation de l'état de santé de l'institution, qui "patinait sur place depuis quelque temps", émane de Mike Moore, son Directeur général, dont les efforts de lancer un nouveau cycle de négociations multilatérales avaient échoués entre autres sur cette question de mise en oeuvre des décisions antérieures. C'était déjà le grand problème de nombreux membres de l'OMC avant Seattle,et l'amélioration de l'accès des PMA au marché figure, depuis des décennies, à l'ordre du jour commercial, a-t-il rappelé.
La décision, prise par les ambassadeurs des 136, permettra de convoquer des sessions spéciales pour traiter des principales difficultés de mise en oeuvre qui ont été soulevées pendant la phase préparatoire de la dernière ministérielle de l'OMC. Le processus, qui devra démarrer d'ici juin et se terminer avant la ministérielle de 2001, "évaluera les difficultés existantes, identifiera les moyens nécessaires pour y mettre fin et prendra les décisions sur les actions appropriées", a précisé M.Moore. Plusieurs délégations, dont les quatre plus grandes puissances commerciales (Union européenne, Etats-Unis, Japon, Canada, la Quad), se sont officiellement proposées de réserver un traitement à la fois exempt de droits de douane et de quotas à pratiquement tous les produits provenant des PMA. D'autres leur ont emboîté le pas, indiquant qu'ils avaient déjà ouvert (ou comptaient accélérer l'ouverture) leurs marchés aux PMA: Chili, République Tchèque, Hongrie, Islande, Corée, Norvège, Nouvelle-Zélande, Slovénie et Suisse, pays qui totalisent, avec la Quad, près de 70% des importations mondiales.