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Bulletin Quotidien Europe N° 7701
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/afrique

Le Parlement a demandé d'être associé au suivi du Sommet du Caire

Strasbourg, 18/04/2000 (Agence Europe) - En adoptant une résolution de cinq groupes politiques sur le sommet Afrique-Europe, le PE a demandé que soit instaurée une structure conjointe appropriée afin de garantir le suivi de cette initiative et insiste afin d'y être pleinement associé à l'avenir, ainsi que ses délégations interparlementaires pour le Bassin méditerranéen et l'Assemblée paritaire ACP/UE. Le Parlement invite l'UE et les pays africains à oeuvrer au sein des enceintes internationales afin de permettre à l'Afrique de s'intégrer graduellement dans l'économie mondiale sans hypothéquer leur développement à long terme, et l'UE et ses Etats membres à mettre en oeuvre une stratégie globale au sein des institutions financières internationales afin d'obtenir l'annulation de la dette. Le Parlement déplore l'absence de progrès réalisés par l'UE et les Etats africains en vue d'instaurer un mécanisme approprié de prévention des conflits, demande un accroissement de l'aide à la lutte contre le sida et la malaria et invite la Commission à accroître le soutien communautaire au développement d'un vaccin antipaludique.

Lors du débat, le conservateur britannique John Corrie (co-président de l'Assemblée paritaire ACP/UE) a estimé que le plan d'action du Caire est "un excellent document", mais s'est dit très déçu de l'absence au sommet de représentants de la société civile africaine et du Parlement européen (en particulier, des deux co-présidents de l'Assemblée paritaire). La travailliste britannique Glenys Kinnock a insisté sur l'éradication de la pauvreté et, en évoquant le prochain Sommet de Dakar sur l'enseignement de base, elle a demandé au Conseil de faire le lien entre la politique d'éradication de la pauvreté et l'amélioration de l'accès à l'enseignement. "Le document du Caire montre que nous n'avons pas oublié l'Afrique", a dit la libérale danoise Lone Dybkjaer; après avoir longtemps pillé l'Afrique, l'Europe doit aujourd'hui annuler la dette des pays africains pour annuler sa propre dette devant l'histoire, a affirmé le Vert français Didier Rod qui a souligné certaines incohérences des Européens, qui demandent par exemple aux pays africains des "cessez-le-feu alors que nous attisons ce feu par nos exportations d'armes". Joaquim Miranda (GUE, portugais) s'est déclaré déçu par le caractère peu concret des conclusions et a estimé que ce sommet s'est essentiellement traduit par une photo de famille. Selon lui, certaines décisions de l'UE comme celles sur la nouvelle convention UE-ACP, les dossiers du chocolat et de la banane et les coupes budgétaires montrent l'absence de volonté politique d'établir un vrai partenariat euro-africain.

Le président du Conseil Jaime Gama a estimé que le sommet a permis de lancer un mécanisme de dialogue au plus haut niveau et constitue de ce fait "un grand tournant dans nos relations". Répondant aux critiques sur l'absence de décisions concrètes, il a dit qu'un sommet permet d'exprimer une volonté politique, mais n'est pas fait pour décider des mesures techniques. Le fait que l'UE ait accepté pour la première fois de prendre en compte la dette de l'Afrique dans son ensemble constitue un virage à 180°, a-t-il dit, en estimant qu'il faut maintenant travailler à la mise en oeuvre des engagements pris au Caire. En ce qui concerne l'absence de représentants du Parlement européen et de l'Assemblée paritaire, M. Gama a rappelé que l'organisation d'un sommet est le fruit d'un accord entre l'UE et ses interlocuteurs, et a évoqué les difficultés rencontrées lorsqu'il a été question de mentionner l'Assemblée paritaire dans les conclusions (certains pays africains ne sont pas parties à la Convention de Lomé, alors que des pays des Caraïbes et du Pacifique sont représentés à l'Assemblée paritaire). M. Gama a indiqué que le Conseil examinera la possibilité d'une participation du PE lors du prochain sommet en 2003.

Le commissaire Poul Nielson a souhaité que les pays africains soient considérés comme des partenaires à part entière au XXIème siècle, et a regretté qu'un forum de la société civile n'ait pas pu avoir lieu en marge du sommet. Répondant aux remarques des parlementaires sur l'éradication de la pauvreté et sur la dette, il a dit: "Nous sommes déjà très actifs mais il faut se demander si le G7 va nous suivre".

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