Bruxelles, 03/04/2000 (Agence Europe) - "Un budget minime (218 millions d'euros) et qui ne tient nullement compte du rôle des petites entreprises en tant que premier moteur de création d'emplois en Europe; un postulat erroné qui consiste à considérer que tout ce qui est favorable aux petites et moyennes entreprises (PME) l'est aux micro-entreprises (PMI)": telles sont les critiques formulées par le Président de l'UEAPME (Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises) Andrea Bonetti sur le 4ème programme pluriannuel en faveur des entreprises en cours d'élaboration au sein des services de la Commission. Ces critiques ont été portées à l'attention du Commissaire responsable de la politique d'entreprise Erkki Liikanen qui participait à l'assemblée générale de l'organisation, jeudi dernier à Bruxelles. Répondant à ces allégations, le Commissaire Liikanen a insisté sur la nécessité d'"avoir moins d'actions pour les PME mais des actions mieux ciblées".
"Les micro-entreprises (c'est-à-dire les entreprises qui ont moins de 10 salariés, représentent plus de 95% des entreprises et sont à l'origine de 60 à 80% des nouveaux emplois créés chaque année) ont besoin d'une stratégie spécifique qui doit se concrétiser par l'élaboration d'une Charte européenne pour les petites entreprises", a expliqué Andrea Bonetti. Cette Charte, pour l'élaboration de laquelle "l'UEAPME entend être le partenaire privilégié des services de la Commission européenne", devrait inclure les points suivants: "1) nécessité de veiller à l'impact spécifique sur les micro-entreprises des diverses mesures et politiques communautaires déjà en place (marché unique, politique environnementale, protection du consommateur, fiscalité, politique sociale, etc.) et de tenir compte de façon accrue de la spécificité des petites entreprises dans l'élaboration de toute nouvelle législation ou politique communautaire; 2) soutien à la création, au renforcement et au développement des micro-entreprises; 3) accès plus large et systématique des petites entreprises aux résultats de la recherche et de la technologie; 4) soutien accru à l'utilisation par les petites entreprises des nouvelles technologies et notamment de la société de l'information".
Toujours au cours de son assemblée générale, l'UEAPME a approuvé officiellement le mandat de l'organisation pour d'éventuelles futures négociations sur le travail temporaire. Pour Andrea Bonetti, "la participation de l'UEAPME à une négociation dans le cadre du dialogue social européen marquerait pour elle un tournant historique". Interrogée sur ce point, l'Unice (patronat européen) a indiqué qu' "elle n'avait toujours pas donné une réponse quant à son souhait d'entrer ou non en négociation avec les autres partenaires sociaux européens (CES pour les syndicats, CEEP pour les entreprises publiques) sur la question du travail temporaire" et rappelle que, "dans l'hypothèse de l'ouverture d'une telle négociation, l'UEAPME y participera en se joignant à la délégation de l'Unice".