Bruxelles, 09/03/2000 (Agence Europe) - Jeudi prochain, le Parlement européen se prononcera en plénière sur le rapport du socialiste luxembourgeois Robert Goebbels sur la recommandation faite en septembre 1999 par la Banque Centrale Européenne de porter de 50 à 100 milliards d'euros le plafond des appels d'avoirs de réserve de change de la Banque. Le rapporteur propose d'accepter la recommandation de la BCE en estimant que, grâce à ce doublement des réserves de change, la Banque y gagnera en indépendance financière et aussi "en crédibilité, notamment en ce qui concerne sa capacité d'adaptation à différents scénarios possibles". Le rapporteur constate en effet que l'euro sera appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans le système financier international et, en notant que "l'instabilité potentielle" de la monnaie européenne "n'est pas à prouver, vu la récurrence des crises financières de ces dernières années", il affirme que la BCE, en tant que "gardienne de l'euro et de la politique de stabilité" voulue par l'Union, "doit avoir les moyens de cette ambition européenne". "L'habilitation d'appeler des réserves de change supplémentaires permettrait, en cas de besoin, à la BCE d'améliorer sa capacité d'intervention sur les marchés", estime M.Goebbels.
Dans son rapport, M.Goebbels souligne que, bien que le bilan 1999 ne soit pas encore disponible, la BCE "encourra vraisemblablement une perte sur cet exercice"; cette perte sera couverte par le fonds de réserve général constitué en 1998 et par d'autres mécanismes, mais "à terme, une telle situation n'est pas saine et une Banque centrale en déficit structurel ne serait simplement pas crédible", affirme-t-il. Les augmentations recommandées "n'appauvrissent pas les Banques centrales nationales" mais sont pour elles des "substitutions d'actifs, vu qu'elles sont les actionnaires de la BCE", remarque-t-il, en rappelant que les Banques centrales nationales "disposeront toujours d'un total de réserves officielles propres de près de 300 milliards d'euros". En outre, M.Goebbels note que la BCE vient d'être autorisée à porter ses effectifs de 750 à 1000 personnes , ce qui "aura des implications budgétaires non négligeables" (les 1.000 agents de la BCE sont à comparer aux quelque 60 000 agents travaillant pour les quinze banques centrales nationales, aux 23 000 du Federal Reserve System et aux 6 000 de la Banque du Japon).
M.Goebbels rappelle enfin que, puisque les contributions des Banques centrales des quatre Etats membres qui ne font pas partie de la zone euro n'ont pas été appelées, sur un total potentiel de 50 milliards d'euros les réserves effectivement mises en commun par les onze banques centrales participantes sont seulement de 39,5 milliards, dont 85% sont des réserves de change (essentiellement des dollars US) et 15% de l'or.