Bruxelles, 09/03/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté un rapport d'avancement sur la cyber- Europe (projet "eEurope") à l'intention du Conseil européen extraordinaire de Lisbonne. Il contient les priorités à mettre en oeuvre pour permettre à l'Europe de combler son retard et de jouer un rôle de premier plan dans la nouvelle économie. Dans un communiqué, la Commission met en avant, comme points cruciaux "l'éducation, l'acquisition des qualifications qui font défaut actuellement, l'accélération du commerce électronique et la réduction du prix de l'accès à Internet." Elle rappelle que " accélérer la transition de l'Europe vers l'ère numérique sera une des principales questions figurant à l'ordre du jour de Lisbonne". Le texte de la communication de la Commission "e-Europe, une société de l'information pour tous" a été reproduit dans le n. 2173/2174 de notre série "EUROPE/Documents".
Le rapport souligne que l'initiative, présentée en décembre au Conseil d'Helsinki, a reçu un accueil favorable des institutions européennes, des Etats membres et des autres parties intéressées. Il se révèle toutefois que les différents acteurs ne mettent pas tous l'accent sur les mêmes priorités. Ainsi, plusieurs Etats membres souhaitent cibler les priorités sur certains objectifs tels qu'un accès moins cher à Internet et le cadre du commerce électronique, mais entretiennent des divergences sur le degré de priorité. Tous refusent de voir se créer "un processus de plus". Certains ont déjà leur propre initiative, comme l'Allemagne avec "Germ@ny goes online" ou le Royaume-Uni avec "Information Age Government".
L'analyse de la réaction des différents groupes d'intérêt consultés - industrie, universités, organisations non-gouvernementales (ONG), pouvoirs publics - est disponible sur le site http: //europa.eu.int/comm/information_sociéty/eeurope/index_en.htm. Cyber- Europe est généralement bien reçu, mais ces groupes privilégient parfois des aspects différents. Par exemple, les entreprises ont insisté sur la nécessité d'un cadre juridique pour le commerce électronique, tandis que les ONG représentant les handicapés ont souhaité la prise en compte des problèmes d'accès dans tous les aspects de l'initiative. Il a été également proposé d'inclure des thèmes supplémentaires, par exemple l'accès pour les personnes âgées et la formation à l'utilisation des technologies numériques. Les critiques les plus fréquentes adressées au projet ont trait aux difficultés d'accès aux documents, dont le format ne permet pas une consultation aisée.
La Commission demande au Sommet de Lisbonne de définir des priorités claires
Face aux disparités d'opinion sur les priorités, la Commission européenne souligne dans son rapport la nécessité que les chefs d'Etat et de gouvernement fixent des objectifs clairs et s'engagent fermement à les réaliser. En ce qui la concerne, la Commission a déjà indiqué ses orientations dans sa deuxième communication au Sommet, celle du 28 février "Un agenda de renouveau économique et social pour l'Europe", qui situe le projet eEurope parmi les six priorités des réformes économiques nécessaires. Elle s'attend à ce que le Sommet, en arrêtant des mesures concrètes et en convenant des domaines prioritaires, donne un "signal fort" montrant que les dirigeants de l'Europe sont déterminés à faire de l'Europe une véritable société de l'information. A la lumière de ce qui sera décidé à Lisbonne, la Commission mettra au point un plan d'action qui devrait être approuvé par le Sommet successif, celui de juin.
Le président Prodi a déclaré que l'Europe "a maintenant besoin qu'un engagement politique ferme soit pris au plus haut niveau politique pour réaliser les objectifs de cyber-Europe". Et il a rappelé: "la Commission veut faire en sorte que tous les Européens puissent bénéficier de l'utilisation des technologies numériques et possèdent les qualifications nécessaires à cet effet. C'est pourquoi nous voulons que toutes les écoles européennes soient connectées à Internet d'ici à 2001."
De son côté, M. Liikanen a rappelé, au cours d'une conférence de presse, que les priorités de base d'"eEurope" que la Commission mettra en exergue à Lisbonne sont:
la connexion de toutes les écoles à Internet pour l'année 2001;
l'ouverture des marchés locaux à la concurrence pour la fin de l'an 2000;
un accord final durant cette même année sur la législation sur le commerce électronique. Il a insisté sur le développement urgent en Europe du commerce électronique d'"d'entreprise à entreprise", qui provoque, aux Etats-Unis, une diminution des coûts d'activité dans tous les secteurs où le commerce électronique a été mis en place de manière accélérée. Il a ajouté qu'"à défaut, beaucoup d'entreprises risquent de fermer leurs portes d'ici 2004".
Il a également souligné que l'Europe détient une position forte, qui doit être renforcée, dans les secteurs de la téléphonie mobile, lié à l'arrivée de la troisième génération, celui du DVD et de la télévision numérique.