login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7673
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/autriche

Le président désigné du SPÖ, M.Gusenbauer, convient avec le groupe socialiste une action visant à freiner la "course aux sanctions" qui pénalisent les citoyens autrichiens et discute de la "limitation des dégâts" aussi avec M. Prodi

Bruxelles, 09/03/2000 (Agence Europe) - Alfred Gusenbauer, président désigné du Parti social-démocrate autrichien, le SPÖ (après la démission du chancelier Klima), a indiqué jeudi à la presse que, lors des entretiens qu'il avait eus à Bruxelles aussi bien avec la Commission européenne qu'avec le groupe socialiste du Parlement européen, il avait senti "beaucoup de compréhension" pour sa plaidoirie en faveur d'un arrêt de la "course aux sanctions" des Etats membres de l'Union européenne qui pénalisent non pas le gouvernement, mais le peuple autrichien. En particulier, a-t-il signalé, les commissaires et les députés se sont dits d'accord pour faire une claire distinction, dans les "déclarations publiques" à propos de l'Autriche, entre gouvernement et population, et pour plaider pour le maintien des contacts "entre personnes". Les membres du groupe socialiste du PE ont accepté aussi de participer à une "action épistolaire", en adressant à leurs collègues dans les Etats membres (ainsi qu'aux maires et autres autorités locales) des lettres soulignant la nécessité de faire cette distinction entre gouvernement et citoyens, a indiqué M. Gusenbauer. Interrogé sur les questions qu'il entendait traiter le jour même avec Romano Prodi, le futur leader de l'opposition en Autriche a dit qu'il évoquerait aussi avec le président de la Commission les moyens de "limiter les dégâts" que risque de subir la population autrichienne suite aux sanctions imposées au gouvernement (voir EUROPE d'hier, p.3, au sujet de la conférence de presse de MM. Prodi et Klestil).

Tout en estimant que cette "course aux sanctions" ne correspond pas à l'esprit de solidarité qui caractérise la construction européenne, surtout lorsqu'elle entrave les échanges de jeunes, de scientifiques ou les échanges commerciaux et frappe donc la société civile, M. Gusenbauer a affirmé qu'il n'est "pas du tout réaliste" de s'imaginer une rapide levée des sanctions des Quatorze. En effet, nous entendons "quotidiennement" de la part de Jörg Haider et du FPÖ des déclarations et des "éclats" tels que les Quatorze ne peuvent que se sentir "confirmés" dans leur attitude, a remarqué M. Gusenbauer, en citant les phrases lancées la veille par le gouverneur de Carinthie (voir plus loin) et par le ministre chargé de l'infrastructure M. Schmidt (qui s'est d'abord distancié du "préambule" sur les valeurs que le président Klestil avait fait signer à MM. Haider et Schüssel, et a ensuite exprimé de sérieux doutes sur le prochain élargissement de l'UE). M. Gusenbauer a reproché au chancelier Schüssel de ne pas avoir réagi à de telles déclarations, et a affirmé: "cette politique du gouvernement n'est pas défendable". Le leader social-démocrate craint que cette "escalade" continue car, a-t-il dit, Jörg Haider est "assez intelligent pour comprendre" que des déclarations de ce type ont pour effet de prolonger l'isolement de l'Autriche, et persévère "tout à fait sciemment" dans cette voie pour exacerber des sentiments nationalistes dont il pense pouvoir profiter politiquement. La position du gouvernement autrichien est "absolument instable", estime donc M. Gusenbauer, en ajoutant: "qui gouverne? Schüssel ou Haider? C'est une question à laquelle, tôt ou tard, il faudra répondre". Selon lui, le président Klestil, qui a subi lui aussi un "affront" de Jörg Haider, devrait convoquer M. Schüssel pour clarifier la situation. La solution la plus "propre", ce seraient des élections anticipées, a-t-il ajouté, tout en notant que, pour le moment, il n'en est pas question.

M. Gusenbauer, qui a rappelé que, comme membre du Parlement autrichien, il avait participé par le passé à des réunions de la commission institutionnelle du Parlement européen (notamment au sujet de la réforme institutionnelle et de l'élargissement), était accompagné de l'élu européen du SPÖ Hannes Swoboda. Dans les circonstances actuelles, a dit ce dernier, il est "incroyablement important" que notre parti ait un président qui a une profonde connaissance des questions européennes.

(Lors de sa traditionnelle réunion du "mercredi des cendres", à Ried, Jörg Haider a traité en particulier le président Chirac de "Napoléon de poche" et, à propos de l'attitude glaciale de Thomas Klestil lors de la prestation de serment du gouvernement, le 4 février, il a dit que "le président faisait une tête comme si les poulets lui avaient volé le pain").

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE