Réunis mardi 21 juillet à Dublin, les ministres européens de la Recherche ont évoqué la façon de lever les obstacles à la libre circulation de la recherche au sein du marché intérieur, une approche qualifiée de « cinquième liberté » par l'ancien Premier ministre italien Enrico Letta.
Cette cinquième liberté viserait à « élargir » le principe de libre circulation inscrit dans les traités européens à la recherche, à l'innovation et aux chercheurs, a noté le ministre irlandais, James Lawless, devant la presse.
Pour la commissaire européenne chargée de la Recherche, Ekaterina Zaharieva, le futur acte législatif visant à approfondir l'Espace européen de la recherche, que la Commission européenne présentera « cet automne », visera précisément à « stimuler les investissements dans l'innovation », à « améliorer la coordination entre les priorités européennes et nationales » en la matière et à « protéger les valeurs qui font de l'Europe un territoire attractif pour les talents du monde entier, à savoir la vérité scientifique et l'égalité de genre ».
« Lorsque les responsables politiques tentent de définir ce qu'est la vérité scientifique, ils aboutissent à quelque chose qui n'est ni scientifique ni vrai », a-t-elle souligné, dans une critique voilée envers l'attitude de l'Administration Trump vis-à-vis de la recherche.
La manière de mieux commercialiser l'innovation scientifique a constitué un autre sujet de discussion lors de la réunion ministérielle informelle. « Trop d'innovateurs quittent encore l'Europe pour trouver des financements », a relevé Mme Zaharieva.
Espéré début septembre, le futur « 'Acte [législatif] européen pour l'innovation' aura pour objectif de débloquer l'énorme potentiel de la commande publique pour créer un marché pour les innovations », a indiqué la commissaire.
La Commission devrait dévoiler - en même temps - sa réforme du cadre réglementaire régissant les marchés publics dans l'UE. Selon une version provisoire de cette réforme, est prévue la création d'une procédure spécifique de passation de contrats publics, dite 'défi d'innovation' ('innovation challenge procedure'), qui permettrait de développer, de tester et d'acquérir des solutions n'étant pas encore disponibles sur le marché et destinées à répondre à un défi sociétal (EUROPE 13907/8).
Outre le lancement du fonds pour les entreprises en forte croissance ('Scaleup Europe Fund'), doté de cinq milliards d'euros, Mme Zaharieva a aussi évoqué l'adoption, lundi, du programme de travail pour 2027 du 'Conseil européen de la recherche' (ERC en anglais).
Voir le programme de travail de l'ERC : https://aeur.eu/f/mzm (Mathieu Bion)