Les 166 membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), réunis début 2024 au niveau des ministres, avaient mandaté leur délégation pour arriver à un résultat sur la réforme de l'organisation avant la fin de l'année (EUROPE 13362/13). Sans surprise, les travaux n'ont pas suffisamment avancé. Lors d'une réunion du Conseil général, mardi 22 juillet, le facilitateur des discussions, Petter Ølberg (norvégien), a fait état de progrès sérieux. Il n'attend toutefois aucun résultat tangible à la prochaine conférence ministérielle (MC14) en mars 2026.
Après des consultations avec une centaine de délégations, M. Ølberg estime que le sens de l'urgence pour cette réforme est largement partagé. Toutefois, comme c'est souvent le cas, les visions divergent sérieusement. « Notre objectif n'est pas de résoudre chaque problème maintenant. C'est plutôt d'identifier où les ministres peuvent donner les orientations nécessaires pour avancer de manière décisive après la MC14 ».
Malgré les divergences persistantes, la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, estime qu'il y a actuellement une « dynamique incontestable ».
En juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait pris tout le monde de court en suggérant de créer une structure parallèle à l'OMC avec notamment l'UE et les pays de l'accord transpacifique CPTPP (EUROPE 13668/2). Mercredi 23 juillet, lors du sommet UE/Japon, Mme von der Leyen a rappelé à la fois l'attachement à l'OMC, et la coopération nouvelle avec les pays du CPTPP : « Ensemble, l'UE et les pays du CPTPP peuvent mener une réforme de l'OMC significative pour que les règles du commerce mondial reflètent les défis d'aujourd’hui et les risques de demain ». (Léa Marchal)