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Bulletin Quotidien Europe N° 13552
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Emmanuel Macron et plusieurs homologues présenteront en mars une stratégie renouvelée pour l'autonomie stratégique de l'UE

Le président français, Emmanuel Macron, a fait part de son intention, lundi 6 janvier, de réunir à Paris plusieurs homologues européens en vue d'élaborer, « dès le mois de mars », « une stratégie » devant permettre à l'Union européenne de répondre aux défis géopolitiques, sécuritaires et économiques.

« Pourquoi l'Europe serait le vivier de talents qui vont travailler en Californie, la caisse d'épargne des bourses étrangères, nous qui sommes le continent qui a le plus d'épargne et le marché final de la Chine ? C'est un choix stratégique. La voix que porte la France, c'est de faire l'inverse », a-t-il déclaré lors de la conférence des ambassadeurs français.

Face à la perte de compétitivité du continent européen, le président français a prôné une « resynchronisation » de l’agenda réglementaire européen. S’il partage les objectifs des législations récemment adoptées au niveau de l’UE, il a pointé leur lourdeur et appelé à les « suspendre tant qu’on n’a pas retrouvé la capacité à rentrer dans la compétition » internationale. De même, « une pause réglementaire massive » s'impose et l’UE ne devra pas hésiter à revenir sur des réglementations « qui entravent notre capacité à innover ».

M. Macron n'a pas cité de texte législatif précis, contrairement au chancelier allemand sortant, Olaf Scholz, qui a évoqué les directives régissant la durabilité (CSRD) et le devoir de vigilance (CSDDD) des entreprises européennes ainsi que le règlement sur la taxonomie européenne (EUROPE 13551/7).

Autre axe pour soutenir la compétitivité des entreprises européennes, selon Emmanuel Macron : le renforcement du marché intérieur en levant les barrières qui fragmentent les secteurs du numérique, des télécommunications, de l'énergie.

Sur le plan des échanges commerciaux internationaux, le président français a estimé nécessaire de « repenser le commerce » en assurant « la loyauté des échanges », sans laquelle, selon lui, « il n'y a pas la possibilité de produire de manière compétitive sur le sol européen ». L'Europe est rentrée dans cette dynamique avec l'imposition de barrières douanières aux véhicules électriques neufs importés de Chine, mais « nous devons aller plus loin et défendre un contenu européen dans notre production », a-t-il ajouté, et « défendre, dans chaque portion des grandes chaînes de valeur, la capacité à produire européen ».

M. Macron a redit tout le mal que la France pense de la signature, fin 2024, de l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur (EUROPE 13540/1). Cet accord n'inclut pas de « clauses de sauvegarde, si certains marchés sont déstabilisés », ni de « vraies clauses miroir », a-t-il estimé.

CFP. Enfin, le chef de l'État a préconisé un budget de l'UE post-2027 conforme à cette stratégie européenne à élaborer. « Nous devons préempter la discussion budgétaire dès maintenant : plus de ressources propres, des capacités à investir dans la durée et à emprunter sur les marchés », a-t-il indiqué. Et de conclure : « C'est quasiment un doublement du budget qu'il nous faut faire, comme nous avons su le faire pendant la période de la Covid-19. Le défi n'est pas de même nature, mais il est au moins de même ampleur ».

Voir le discours de M. Macron : https://aeur.eu/f/exz (Mathieu Bion et Léa Marchal)

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