Le groupe S&D au Parlement européen discutera, mercredi 3 juillet, de ses demandes clés pour la future mandature 2024-2029 et devrait notamment demander aux responsables européens de s’engager sur une capacité européenne d’investissement permanente devant s’élever à « au moins 1% du PIB de l’UE par an », indique un document provisoire daté du 26 juin.
Le groupe social-démocrate, qui est dans le processus de finalisation de ses demandes prioritaires, pourrait aussi plaider, s’agissant d’une nouvelle politique de logement décent pour tous, pour « un flux supplémentaire d'investissements dans le logement d'au moins 50 milliards d'euros par an grâce à une combinaison de sources de financement, dont la BEI ».
Le groupe S&D estime, dans ce document provisoire, que la prochaine Commission européenne devrait agir en priorité dans ces dix champs d’action : - un programme d'action pour le progrès social ; - la sécurité et défense européennes ; - une capacité d'investissement de l'UE ; - un Agenda pour le climat et une transition juste à l'horizon 2040 ; - des logements décents pour tous ; - une fiscalité équitable ; - un 'Health First Act' ; - une Europe féministe ; - gérer la migration de façon humaine et inclusive ; - mettre fin à la règle de l'unanimité au Conseil dans certains domaines de politique étrangère.
Sur la défense européenne, le groupe parlementaire défend, comme les chrétiens-démocrates, l’idée d’un commissaire européen dédié.
« L’Union européenne est confrontée à la combinaison de menaces à la sécurité la plus dangereuse depuis des décennies, qui exige une véritable politique européenne de défense et une Union européenne de la défense, qui lui permettraient d’assumer une plus grande responsabilité pour sa propre sécurité, en coopération avec l’OTAN. Le prochain Collège [des commissaires européens] devrait comprendre un poste dédié de commissaire à la Défense, chargé de coordonner toutes les initiatives industrielles de défense, en étroite collaboration avec le Haut Représentant, qui reste chargé de la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune ».
Le prochain cadre financier pluriannuel devrait aussi inclure une « rubrique considérablement augmentée sur la sécurité et la défense », estime le groupe S&D.
La capacité d’investissement permanente devrait, elle, « avoir une large portée pour éviter un déficit de financement dans plusieurs domaines critiques - notamment les transitions verte et numérique, l'énergie, la défense et la sécurité, les politiques sociales en matière de climat et d'adaptation, le logement durable et abordable et l'investissement social - et combler le déficit de financement de l'UE par rapport aux principaux acteurs mondiaux, notamment les États-Unis et la Chine ».
Un instrument permanent de sauvegarde de l’emploi devrait également être développé sur la base de l’instrument SURE, activé pendant la pandémie de Covid-19.
En ce qui concerne la fiscalité équitable des travailleurs, les eurodéputés sociaux-démocrates notent que le revenu des travailleurs reste l'une des principales sources des finances publiques dans l'UE (51,4%). Parallèlement, les recettes des impôts sur le capital ne représentent que 8,5% du PIB. Les gouvernements imposent moins les revenus du capital que les revenus du travail et les plus riches peuvent exploiter les déséquilibres.
« L'UE peut remédier à ce problème par : - un impôt sur la fortune des super-riches pour financer la transition sociale et climatique de l'UE en tant que nouvelle ressource propre pour renforcer le budget de l'UE ; - une imposition effective minimale des plus-values au niveau de l'UE ; - un droit d'accise sur le rachat d'actions par les sociétés harmonisé au niveau de l'UE pour éviter toute distorsion du marché financier de l'UE ».
En matière d’action extérieure, « tous les moyens possibles pour garantir un soutien durable à l’Ukraine pendant la guerre et pour la reconstruction du pays doivent être explorés et mobilisés », indique la version provisoire de la position du groupe S&D.
« Il convient d’élargir le champ d’utilisation des moyens russes immobilisés à cette fin et de garantir la pleine mise en œuvre des sanctions de l’UE contre la Russie », ajoute-t-il.
En outre, le vote à la majorité qualifiée des États membres devrait être introduit comme règle dans tous les domaines pertinents de l'action extérieure, y compris la PESC et l'élargissement.
Par ailleurs, sur la migration, le groupe appelle la Commission européenne à fournir de nouveaux instruments de migration légale pour remédier aux besoins de main-d'œuvre et au vieillissement démographique.
Lien vers le projet : https://aeur.eu/f/cwz (Solenn Paulic)