La Commission européenne va continuer à analyser la portée européenne du scandale ayant éclaté cet été en Grèce au sujet des écoutes illégales que le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis aurait pratiquées vis-à-vis des opposants politiques au moyen du logiciel espion Predator, a-t-elle indiqué le 25 août.
Le 29 juillet, la Commission avait adressé à Athènes un courrier sur l'utilisation de ce logiciel, auquel le gouvernement grec a répondu le 2 août. Cette réponse a été rendue publique le 25 août par la Représentation permanente de la Grèce auprès de l’UE.
Dans cette lettre, la Représentation permanente de la Grèce nie que les services de sécurité grecs aient utilisé ce logiciel créé par la société nord-macédonienne Cytrox ni contrevenu aux réglementations européennes sur la protection des données. Elle affirme que les lois grecques encadrant la pratique des écoutes pour prévenir les crimes sont parmi les plus strictes au monde.
Le gouvernement grec est sur la sellette depuis les révélations concernant la mise sur écoute du chef de l'opposition, Níkos Androulákis, par les services de renseignement grecs. Si la sécurité nationale est une compétence des États membres, la Commission veut s’assurer que tout usage de logiciel comme Predator se fasse dans le plein respect « des législations et de la jurisprudence européennes », a-t-elle indiqué, justifiant ainsi une compétence dans ce domaine.
Le gouvernement grec a déjà été accusé d’avoir utilisé Predator pour écouter des journalistes. (Solenn Paulic)