Le conseil de coopération entre l’UE et l’Azerbaïdjan s’est réuni, vendredi 9 février, pour la première fois depuis décembre 2013 (EUROPE 10981).
Ce processus « fait partie de l’intensification de nos relations », a souligné la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, lors d’un point presse avec le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Elmar Mammadyarov.
La Haute Représentante a énuméré les nombreux domaines où la coopération s'est intensifiée, en commençant par les négociations en cours sur un nouvel accord de coopération. « J’espère que ces négociations pourront être rapidement conclues afin de rendre notre partenariat plus pertinent », a-t-elle expliqué.
M. Mammadyarov a, lui, précisé que les discussions portaient actuellement sur le volet commercial de l'accord et que celles-ci n’étaient « pas simples », car son pays n’est pas encore membre de l’Organisation mondiale du commerce.
L’UE représente 48,6% du commerce de l’Azerbaïdjan et est son plus grand investisseur direct étranger.
Le conseil de coopération a aussi porté sur l'énergie, alors que se tiendra le 15 février la réunion annuelle du Conseil consultatif sur le corridor gazier sud-européen. La Banque européenne d'investissement (BEI) a d'ailleurs approuvé, le 6 février, un prêt de 1,5 milliard € au gazoduc Trans-Adriatique (TAP) (EUROPE 11956).
L’accent a également été mis sur la coopération en termes de mobilité et de transport. « Probablement, nous avons besoin d’établir un dialogue sur les transports », a confirmé M. Mammadyarov. L’UE et Bakou négocient actuellement un accord sur un espace aérien commun.
« Nous avons discuté de la nécessité d’avoir des échanges plus réguliers et plus structurés en termes de politique étrangère et de sécurité », a aussi annoncé Mme Mogherini.
Haut-Karabagh. Les deux parties sont revenues sur la situation au Haut-Karabagh. La Haute Représentante a rappelé le soutien de l’UE à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan.
« Nous aimerions que les parties donnent suite à leur accord pour intensifier les négociations et réduire les tensions sur la ligne de contact », a-t-elle précisé.
État de droit. Le conseil de coopération a également abordé les questions de démocratie, d'État du droit et de respect des droits de l'homme.
« L'UE a toujours souligné que la pleine mise en œuvre des obligations et engagements internationaux de l'Azerbaïdjan était vitale pour nous. Cela implique de tenir compte des recommandations visant à aligner les règles concernant les élections, la liberté de réunion, les associations et les médias sur les normes internationales, en particulier dans un contexte pré-électoral dans lequel l'Azerbaïdjan est entré » avec l’élection présidentielle du 11 avril, a expliqué la Haute Représentante.
Nonobstant, aucune question des médias n’a été permise après ces déclarations.
Mercredi 7 février, Human Rights Watch avait exhorté l'UE à mettre les droits de l’homme au premier rang de ses priorités, devant les questions énergétiques et de nouvel accord. « Des dizaines d'autres activistes et journalistes ont été emprisonnés ces dernières années, et des lois draconiennes rendent le travail de la société civile indépendante pratiquement impossible », a souligné l'organisation dans un communiqué. (Camille-Cerise Gessant)