La Commission européenne propose d’abaisser les valeurs limites autorisées pour l’utilisation du bisphénol A (BPA) dans les matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires, mais c’est à l’interdiction totale de cette substance chimique dans les emballages alimentaires que les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen pourraient appeler, jeudi 11 janvier, pour des raisons de santé publique.
C’est en tout cas ce que vise un projet d'objection à la proposition de règlement de la Commission européenne, qui sera soumis au vote des députés.
Principal motif invoqué : cette substance chimique utilisée pour la fabrication de plastiques et de résines a été reconnue en juillet dernier comme 'perturbateur endocrinien présumé' et classée comme 'substance extrêmement préoccupante' par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).
On trouve du BPA dans le revêtement intérieur des boîtes de conserve, dans les couvercles et les emballages plastiques.
Le projet d’objection sur la table, déposé par l’eurodéputé allemand Martin Haüsling (Verts/ALE), le Français Guillaume Balas (S&D), la Belge Frédérique Ries (ADLE) et la Finlandaise Sirpa Pietikäinen (PPE), déplore en outre la non-prise en compte des préoccupations exprimées par le Parlement européen, lequel avait, en octobre 2016, appelé à une interdiction du BPA dans tous les matériaux entrant en contact avec les denrées alimentaires.
Certains pays ont déjà imposé des restrictions au BPA dans les matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires et la France l’a totalement banni – une interdiction en vigueur depuis 2015.
« Le bisphénol A n’a rien à faire dans les emballages alimentaires et doit être proscrit. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra s’assurer que cette substance chimique ne migre pas des emballages dans les denrées alimentaires et des aliments dans nos corps », prévient Martin Haüsling, dans un communiqué publié à la veille du vote en commission parlementaire.
Le projet de règlement de la Commission européenne vise à établir une valeur limite de migration du BPA spécifique pour les vernis et revêtements destinés à entrer en contact avec les aliments de 0,05 mg/kg d’aliment (beaucoup plus basse que la valeur limite de 0,6 mg actuellement imposée aux seuls matériaux et articles en plastique). Cela, en modifiant le règlement (UE) 10/2011 concernant les matériaux et objets en matière plastique destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires.
Dans l'Union européenne, le BPA est déjà interdit d’utilisation dans les biberons depuis le 1er mars 2011 et les produits importés en contenant sont proscrits depuis le 1er juin de la même année. (Aminata Niang)