Le Conseil économique et social européen (CESE) vient d’adopter un avis sur « l’utilisation des sols pour la production alimentaire durable et les services écosystémiques ». La question de la préservation des sols fait également partie des priorités de la Présidence estonienne du Conseil qui espère faire adopter des conclusions par les ministres de l’Agriculture des Vingt-huit le 6 novembre, lors de leur réunion à Bruxelles.
« En l’espace de six ans seulement, entre 2006 et 2012, l’occupation des terres a progressé chaque année d’environ 107 000 hectares dans les États européens, ce qui a entraîné la disparition d’une surface de terres arables de la taille de Chypre en moins d’une décennie. Cette pression foncière démesurée doit cesser », affirme le rapporteur de l’avis du CESE, Roomet Sõrmus. La perte de surfaces agricoles du fait de la dégradation des sols, de l’abandon de terres, du changement climatique ainsi que de l’urbanisation pose un grave problème, car la terre revêt une importance non seulement pour la production alimentaire, mais aussi pour de nombreux autres services écosystémiques, rappelle son rapport.
Un cadre réglementaire européen compliqué à faire évoluer
Le CESE propose donc, dans la perspective de la modernisation de la politique agricole commune (PAC), d’accorder une attention particulière à la fertilité des terres agricoles et d’encourager les États membres, dans le cadre du 2ème pilier de la PAC, à prendre des mesures appropriées pour protéger les sols.
Le CESE suggère, de plus, que le cadre communautaire existant soit actualisé afin de protéger les terres agricoles des États membres. Seulement, le sujet est compliqué à faire avancer au niveau communautaire. La proposition de la Commission européenne de directive-cadre sur la protection des sols, qui prévoyait un renforcement de la législation afin de les protéger de l’érosion et de limiter les pertes de biodiversité et le changement climatique, a dû être abandonnée en 2014 après des années de blocage.
Une initiative citoyenne européenne pour sauver les sols d’Europe avait été lancée, mais elle n’a pas pu aboutir faute de soutiens suffisants et a donc été clôturée au mois de septembre.
Le rapport complet est disponible à l'adresse : http://bit.ly/2ltN758