Le président destitué de l'exécutif catalan, Carles Puigdemont, se trouvait, lundi 30 octobre, à Bruxelles, trois jours après que le gouvernement espagnol a déclenché l'article 155 de la Constitution espagnole en réaction au lancement, le même jour, du processus menant à l'indépendance de la Catalogne (EUROPE 11893).
Si la raison de la visite de M. Puigdemont était encore officiellement inconnue à l'heure où nous mettions sous presse, il semblerait qu'il soit venu à la rencontre de responsables politiques belges, notamment ceux du parti majoritaire flamand, la N-VA. Celle-ci a néanmoins démenti, lundi.
Dimanche, le secrétaire d'État belge à l'asile et la migration, Theo Francken, issu du parti nationaliste flamand, avait laissé sous-entendre que le président déchu de la Generalitat catalane pourrait demander l'asile politique en Belgique.
D'après plusieurs médias espagnols, M. Puigdemont et cinq membres du désormais ex-gouvernement catalan, auraient effectivement l'intention de demander l'asile politique mardi 31 octobre. Une telle demande, même si elle provient d'un citoyen européen, est théoriquement possible dans le droit belge.
Destitution du représentant des Catalans à Bruxelles
Madrid a par ailleurs destitué, samedi 28 octobre, Amadeu Altafaj i Tardio, le représentant de la communauté autonome de Catalogne auprès des institutions de l’Union européenne.
Cette destitution intervient dans le cadre plus large de la suspension de l’autonomie de la Catalogne et la prise de contrôle, par le gouvernement central dirigé par Mariano Rajoy, des institutions politiques catalanes. Outre la convocation de nouvelles élections le 21 décembre, l’activation de l’article 155 de la Constitution espagnole a effectivement eu pour conséquence la fermeture de toutes les représentations de la Communauté autonome catalane à travers le monde. Même s'il a perdu son représentant politique, le bureau de représentation de la Catalogne auprès des institutions de l’UE continue de fonctionner au niveau technique.
M. Altafaj i Tardio n’a pas tardé à réagir, en publiant une lettre rédigée en catalan, lundi 30 octobre, à l’attention des employés de la représentation catalane auprès de l’Union, dans laquelle il fait part de sa tristesse à l’idée de quitter son poste. Cet ancien porte-parole de la Commission européenne a en outre rappelé l’importance du « dialogue politique ». Parlant au nom des Catalans, il en a également profité pour réaffirmer l’attachement de la région à l’Europe et l’Union européenne.
Interrogé en conférence de presse lundi 30 octobre, Alexander Winterstein, porte-parole de la Commission, s’est contenté de rappeler les déclarations de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, depuis la Guyane vendredi 27 octobre, par lesquelles celui-ci apportait son soutien au gouvernement espagnol en appelant au respect de la Constitution espagnole. Ce, alors que d’importantes manifestations des partisans du maintien de la communauté autonome au sein de l’Espagne ont eu lieu à Barcelone, dimanche 29 octobre. (Lucas Tripoteau)