Le président du Conseil européen, Donald Tusk, souhaite faire avancer la réflexion des leaders européens sur les réformes de la gouvernance de la zone euro.
Dans une lettre datée du 21 septembre adressée aux Vingt-huit en vue de leur dîner informel, qui se tiendra la veille du sommet informel de Tallinn consacré au numérique, M. Tusk plaide pour des réformes « étape par étape » visant à approfondir et améliorer le fonctionnement de l’Union économique et monétaire (UEM). Il convient, selon lui, de se focaliser d'abord sur l’achèvement de l’union bancaire en zone euro à travers la mise sur pied d’un système européen de garantie de dépôts bancaires (EDIS), tout en poursuivant les travaux sur la réduction des risques financiers. La Commission européenne va présenter un paquet de propositions en ce sens le 11 octobre (EUROPE 11862).
À plus long terme, M. Tusk appelle également à l’évolution du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, vers un Fonds monétaire européen (FME), ainsi qu’à poursuivre le débat sur la gouvernance et les ressources spécifiques pour la zone euro, à l’instar de ce qui a été envisagé par les ministres des Finances lors de leur réunion informelle à Tallinn mi-septembre (EUROPE 11863).
La position de M. Tusk n’est pas sans rappeler celle du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Dans son discours sur l’état de l’Union (EUROPE 11861), celui-ci a aussi annoncé que la Commission proposerait, début décembre, de mettre sur pied une ligne budgétaire pour les pays de la zone euro réformant leur économie et de créer une double fonction de ministre européen de l'Économie et des Finances.
Pour faire avancer ce chantier, le président du Conseil européen a annoncé la tenue d’un sommet de la zone euro dans un format inclusif, mi-décembre, en marge du Conseil européen. Il s'agit de réunir tous les États membres désireux de s'impliquer comme cela avait été fait lors de l'élaboration du pacte budgétaire ratifié à 25 États membres (EUROPE 10758).
Quelques jours avant le dîner informel de Tallinn, le président français, Emmanuel Macron, exposera, mardi 26 septembre, les propositions françaises sur l'évolution de la gouvernance de la zone euro.
Le Brexit comme priorité politique. Sans surprise, Donald Tusk, qui rencontrera le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, mardi 26 septembre à Londres, rappelle dans sa lettre que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE constitueront une tâche majeure à accomplir dans les mois à venir (voir autres nouvelles). Cette question sera au cœur du prochain Conseil européen, qui se tiendra les 19 et 20 octobre, en marge duquel les Vingt-sept se réuniront aussi, sans leur homologue britannique, pour faire le point des négociations en cours.
La conclusion d’un accord avec le Royaume-Uni en vue de son retrait de l’Union est d’ailleurs, pour M. Tusk, un préalable aux discussions sur le budget pluriannuel post-2020. Plus de clarté sur l'impact budgétaire à moyen terme du Brexit est nécessaire en vue de lancer la réflexion sur le prochain cadre financier pluriannuel post-2020 (EUROPE 11721).
Vers un sommet des Balkans occidentaux mai 2018. La lettre pointe également la nécessité de renforcer le rôle de l’Union sur la scène internationale, et notamment vis-à-vis de ses voisins.
M. Tusk propose que les discussions du prochain Conseil européen, portent, entre autres, sur les événements politiques en Turquie (voir autre nouvelle). Il suggère également aux chefs d’État ou de gouvernement, en accord avec le Premier ministre bulgare, Bojko Borisov, la tenue en mai 2018 en Bulgarie, d’un sommet consacré aux Balkans occidentaux.
Un tel sommet serait inédit depuis le sommet de Thessalonique en juin 2003 (EUROPE 8488). En juillet, à Trieste, les six pays des Balkans occidentaux se sont engagés à développer un espace économique régional soutenu par l’Union européenne (EUROPE 11829).
Le président du Conseil européen ne perd par ailleurs pas de vue les autres questions, puisqu’il évoque les progrès et le travail restant dans les domaines migratoire, commercial et social.
Les débats à l’occasion de ce dîner informel devraient être francs, puisque celui-ci ne donnera pas lieu à la rédaction de conclusions. (Lucas Tripoteau)