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Bulletin Quotidien Europe N° 11843
ACTION EXTÉRIEURE / Migration

L'Italie durcit le ton face à l'arrivée de réfugiés en provenance de Libye

Les autorités italiennes ont saisi, mercredi 2 août, le navire de l’ONG allemande Jugen Rettet, alors que le Parlement italien approuvait ce même jour l’envoi de navires militaires dans les eaux libyennes.

Faute de volonté manifeste de la part de ses partenaires européens de partager le fardeau de l’accueil des réfugiés en provenance de Libye, l’Italie s’est décidée à agir de manière unilatérale afin de limiter l’arrivée de personnes étrangères sur son territoire. Mercredi 2 août, les autorités italiennes ont saisi le bateau d’une ONG allemande, Jugen Rettet, soupçonnée de favoriser l’immigration illégale de Libyens en Europe. Le navire a, par la suite, été conduit, puis bloqué, à Lampedusa, une île située à mi-chemin entre la Sicile et les côtes libyennes, à la demande du procureur de Trapani. Ce blocage résulte d’une enquête entamée par le parquet italien l’an dernier, sur la base de laquelle les autorités estiment que l’ONG Jugen Rettet entretient des liens directs avec les trafiquants d’être humain en assistant ces derniers.

Dans le même temps, le Parlement italien donnait son feu vert à l’envoi de plusieurs navires militaires dans les eaux territoriales libyennes. Niant tout acte hostile à l’égard de son voisin, le déploiement de navires et d’hommes vise officiellement à soutenir les gardes-côtes libyens dans leur lutte contre le trafic d’êtres humains. Le général Haftar, à la tête de la rébellion occupant l’est du pays, a menacé en représailles de bombarder les navires italiens. Cette menace n’est cependant pas prise très au sérieux par le gouvernement italien, pour qui il n’y a pas de réel danger.

Dernier signe du durcissement de la politique italienne vis-à-vis des arrivants, l’entrée en vigueur, mardi 1er août, d’un ‘code de conduite’ visant à rappeler certaines règles concernant le sauvetage en mer (EUROPE 11824, 11830) (EUROPE 11841). Ce texte long de treize articles pourrait dissuader certaines ONG d’opérer en Méditerranée. Mais seulement trois des neuf organisations ayant des activités dans le Canal de Sicile ont accepté, pour l’instant, de signer le document. (Lucas Tripoteau)