Le tout premier Conseil d’association entre l’UE et l’Égypte depuis 2010 se tiendra mardi 25 juillet à Bruxelles, dans un climat tendu.
Les ONG dénoncent la tenue du Conseil en raison de la dégradation de la situation des droits de l’homme en Égypte et les États membres sont eux-mêmes divisés sur cette question. Selon une source, certains États souhaiteraient des références à cette thématique plus appuyées que d’autres dans la déclaration de l'UE. La Hongrie voudrait que cette déclaration ne critique pas la situation des droits de l’homme, l'Égypte étant un pays partenaire crucial. Selon une source, Budapest préfèrerait qu’il n’y ait pas de déclaration plutôt qu’une critiquant Le Caire. Interrogée à sa demande par courriel, la Représentation hongroise auprès de l'UE n'avait pas, à l'heure de notre bouclage, répondu à nos questions.
Interrogé par EUROPE sur la tenue d’un tel Conseil au vu de la situation actuelle, un porte-parole de l’UE a expliqué que les priorités de partenariat 2017-2020 adoptées lors du Conseil permettront de travailler sur les droits de l’homme. « Nous considérons que la tenue d'un Conseil d'association qui adoptera formellement ces priorités de partenariat donnera à l'UE une base solide pour s'engager sur toutes (les) questions clés, grâce à nos différents instruments, y compris le dialogue politique et l'assistance », a-t-il expliqué, précisant que les priorités porteront notamment sur le respect de l'État de droit et des droits de l'homme. Selon lui, les libertés fondamentales et le fonctionnement indépendant de la société civile font pleinement partie de ces priorités. « Au cours des dernières années, l'UE a suivi de près la situation des droits de l'homme et continuera de souligner l'importance des droits de l'homme et le rôle de la société civile pour la stabilité et le développement du pays », a-t-il ajouté.
Les ONG ont appelé l’UE à ne pas rester silencieuse. « À la lumière de cette aggravation de la répression à l'encontre de la société civile égyptienne, l’UE ne devrait pas se limiter à une diplomatie de couloir le 25 juillet, mais condamner publiquement ces développements extrêmement préoccupants », a sommé EuroMed Droits dans un communiqué. « L’UE ne peut s’attendre à avoir une relation bilatérale fructueuse avec un pays qui éradique sa propre société civile et verrouille toute forme de dissidence pacifique », a ajouté l’ONG. (Camille-Cerise Gessant)