La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a appelé, dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 mars, les autorités russes à libérer sans délai les manifestants pacifiques qui ont été détenus à la suite de manifestations dans des dizaines de villes du pays, dont l’opposant politique Alexeï Navalny.
« Nous demandons aux autorités russes de respecter intégralement les engagements internationaux pris par le Conseil de l'Europe et l'OSCE de défendre les libertés fondamentales d'expression, d'association et de réunion pacifiques », a souligné la porte-parole dans un communiqué. Ainsi, selon elle, les opérations policières dans la journée de dimanche tentant de disperser les manifestations et de détenir des centaines de citoyens ont empêché l'exercice de ces libertés fondamentales.
Plusieurs ministres des Affaires étrangères ont aussi fait part de leurs préoccupations, tout comme le groupe ADLE au Parlement européen et le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland. Selon ce dernier, les détentions « soulèvent des questions au regard de la Convention européenne des droits de l'homme ». Il a appelé à la libération de tous les détenus, ajoutant que le Conseil de l'Europe était prêt à travailler avec les autorités russes pour prévenir de telles situations, en respectant la Convention européenne des droits de l'homme.
Près de 1000 personnes auraient été arrêtées rien qu’à Moscou et plus de 100 d’entre elles étaient toujours détenues lundi matin. Elles protestaient à la demande de M. Navalny, qui le 2 mars, a publié une vidéo, vue plus de 11 millions de fois, dénonçant « l’empire immobilier » que se serait constitué, via des proches, le Premier ministre, Dmitri Medvedev. Jugé lundi 27 mars, M. Navalny a été condamné à 15 jours de détention pour refus d'obtempérer aux policiers lors de son arrestation et à 20 000 roubles d'amende (soit environ 325 euros) pour avoir organisé une manifestation non autorisée. (Camille-Cerise Gessant)