L'innovation technique au service de la traduction était au cœur des débats qui se sont tenus dans le cadre du forum ‘#TranslatingEUROPE 2016’, qui s’est tenu jeudi 27 et vendredi 28 octobre à Bruxelles.
Ce forum annuel rassemble toutes les parties prenantes à la traduction au sein des institutions européennes, afin de discuter de sujets d’intérêt commun comme la technique, l’emploi, la professionnalisation, la qualité ou encore les nouveaux outils technologiques de cette profession.
La vice-présidente sortante de la Commission européenne chargée des Ressources humaines, Kristalina Georgieva, a affirmé à cette occasion, que la « diversité linguistique est une valeur fondamentale de l’Union européenne » et que les traducteurs « constituent le pont qui permet de faire comprendre nos politiques aux 500 millions d’habitants de l’UE, et même de les rapprocher entre eux ».
C’est dans ce cadre-là que la commissaire s’est félicitée des changements technologiques qui vont progressivement automatiser la traduction au sein des institutions de l’Union. « Ces nouvelles innovations technologiques constituent de nouveaux défis et apportent de nouvelles opportunités à la traduction, profession primordiale au sein de notre Union européenne », a-t-elle déclaré.
Le lendemain, la Commission, le Parlement européen et le Conseil de l'UE ont présenté l'outil qu'ils sont en train de développer en interne et qui est destiné à bouleverser, dans les années à venir, la traduction.
Pascale Chartier-Brun, chef d’unité au Parlement, a présenté le nouvel outil de traduction ‘CAT for Trad’, qui permet de traduire tous les textes législatifs et non-législatifs du PE. « Cet outil est multilingue, facile à utiliser, permet aux traducteurs de naviguer librement entre les textes de différentes langues et traduira bientôt plus de 80% de l’ensemble des textes qui circulent au sein de notre institution », a-t-elle affirmé.
Le Conseil de l’UE développe quant à lui, un nouvel outil terminologique, ‘MicroHint’. Cet outil « convivial, minimaliste et pratique » permet de normaliser un nouveau terme proposé par un traducteur, mais qui n’est pas encore répertorié au sein de nos institutions européennes, a indiqué Krzysztof Szczurèk, terminologue et traducteur au sein de l'institution européenne. L’objectif est de « combler des manques de cohérence causés par l’utilisation de termes qui n’ont pas encore été fixés dans la langue », a-t-il ajouté.
Enfin, la Commission a présenté ‘CateLab’, une sorte de « réseau ouvert », destiné à permettre aux informaticiens, traducteurs et tout autre particulier sur base volontaire, « de tester, de jouer et d’expérimenter les différents outils de traduction », afin de donner leurs avis en vue de les améliorer.
Avec un personnel de plus de 2 500 personnes, travaillant à partir de et vers les 24 langues officielles de l’Union européenne, les services à la Traduction de la Commission sont l’un des plus grands services de traduction au monde et ils disposent d’un budget annuel qui avoisine les 14 millions d’euros. (Thomas Régnier, stagiaire)