Comme chaque année, la Commission européenne a publié une déclaration rappelant que le 3 novembre marque le jour de l’année où les femmes européennes cessent d’être rémunérées du fait de l’écart salarial entre hommes et femmes. Elle annonce une proposition dès 2017 sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, mais passe sous silence les blocages actuels au Conseil sur les quotas de femmes.
La Journée européenne de l’égalité salariale, célébrée le 3 novembre, marque le jour où les femmes commencent à travailler gratuitement : la rémunération horaire moyenne des femmes européennes étant de 16,7 % inférieure à celle des hommes, elles travaillent dans les faits 16 % de l'année gratuitement. Ce pourcentage représente une moyenne européenne, avec d’importants écarts entre les pays puisque l’Estonie enregistre une différence de 28%, contre 4,5% en Roumanie.
« Le plafond de verre existe toujours : bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes à posséder un diplôme universitaire, moins de 5 % des dirigeants d'entreprises dans l'UE sont des femmes. Il s'agit là de talents féminins gâchés », ont reconnu, dans une déclaration commune, le premier vice-président, Frans Timmermans, et les commissaires Marianne Thyssen (Emploi) et Věra Jourová (Égalité). Et d’expliquer : « En règle générale, les femmes travaillent souvent dans des secteurs moins bien rémunérés et, de plus, les hommes sont moins enclins à interrompre leur carrière et à s'occuper de leurs enfants ou de parents à charge. Par conséquent, dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui consacrent moins de temps au travail rémunéré et qui ont plus de mal à combiner vie professionnelle et vie familiale », indiquent-ils, avant de se réjouir d’une nouvelle proposition en la matière prévue pour 2017.
Sauf que l’expérience montre que les projets de loi visant à mieux protéger les femmes ont du mal à recevoir l’aval des États membres. Car après la directive sur le congé de maternité, il y a quelques années, le Conseil bloque aujourd’hui la directive présentée en 2012 sur les quotas de femmes aux postes de décision des grandes entreprises d'Europe. La Présidence slovaque - qui s'apprête à répondre à une question écrite de la députée lituanienne Vilija Blinkevičiūtė (S&D) sur l’état d’avancement du dossier - et, avant elle, la présidence néerlandaise ont d'ailleurs fait le choix de laisser ce dossier de côté en n'organisant aucune réunion de travail. Selon elle, « ce n'est pas lié au fait que la Slovaquie fait partie de la minorité de blocage, (car) nous avons fait le choix de nous concentrer sur des dossiers plus aboutis - comme l'exposition des travailleurs aux agents chimiques ou encore le détachement des travailleurs - au vu du grand nombre de propositions ». « Mais, nous avons entendu dire que la future Présidence maltaise allait s'attaquer à ce dossier », a-t-elle ajouté en réponse à une question d'EUROPE. (Sophie Petitjean)