Bruxelles, 26/08/2015 (Agence Europe) - Le lien entre la pulvérisation de trois pesticides néonicotinoïdes et les effets nocifs sur les abeilles a été confirmé par une nouvelle évaluation scientifique l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) publiée mercredi 26 août
Dans cette étude réalisée à la demande de la Commission européenne, l'EFSA a évalué la sécurité du thiamethoxame (produit par Syngenta), de la Clothianidine et de l'imidaclopride (tous deux produits par Bayer) lorsqu'ils sont pulvérisés sur les cultures. Elle a conclu que « des risques élevés pour les abeilles étaient soit identifiés, soit ne pouvaient être exclus ».
L'EFSA met également en exergue l'existence de déficits de connaissances importants concernant les impacts de ces pesticides sur d'autres pollinisateurs, en précisant que « l'évaluation des risques n'a pas pu être finalisée en raison d'un manque de données ».
Nouveau plaidoyer pour une interdiction totale des néonicotinoïdes. De l'avis de l'ONG environnementale Greenpeace, cette nouvelle évaluation ne fait qu'enfoncer le clou et plaide pour une interdiction totale de tous les néonicotinoïdes. « L'EFSA a confirmé ce qui avait déjà été démontré par moult preuves scientifiques: les néonicotinoides sont une grave menace pour les abeilles et l'avenir de l'agriculture. La Commission devrait étendre l'interdiction européenne pour couvrir toutes les utilisations des néonicotinoides sur toutes les cultures et mettre un terme à l'approche fondée sur des dérogations en self- service. Des alternatives non chimiques et viables existent et l'UE devrait encourager les agriculteurs à y recourir », a aussitôt commenté Marco Contiero, directeur du département 'politique agricole de l'UE' au bureau européen de Greenpeace.
Le moratoire de deux ans en vigueur dans l'UE depuis décembre 2013 sur l'utilisation des trois néonicotinoides tueurs d'abeilles ne couvrait que le traitement des semences, l'application au sol (en granulés) et le traitement foliaire des végétaux, y compris les céréales (à l'exception des céréales d'hiver), qui attirent les abeilles (EUROPE 11109).
Il avait été décidé en avril 2013 par la Commission sur la base des avis scientifiques de l'EFSA, qui, en janvier 2013, avait reconnu que ces pesticides présentaient des risques aigus pour la santé des abeilles mélifères d'Europe. La nouvelle évaluation de l'EFSA a été réalisée au titre du règlement 1107/2009/CE concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, lequel prévoit en son article 21 que soit réexaminée l'approbation des substances actives autorisées dans l'UE à la lumière des nouvelles données scientifiques, des connaissances techniques et des données de surveillance. (Aminata Niang)