Bruxelles, 26/08/2015 (Agence Europe) - Encouragé par « les signaux positifs » sur la route vers Paris, François Hollande, président de la COP 21 (30 novembre, 11 décembre), a toutefois estimé, mardi 25 août, devant tous les ambassadeurs de France, que « le plus difficile reste à venir, c'est-à-dire l'accord lui-même ».
Le président s'est inquiété de la lenteur des progrès et a fait part de la détermination de la France et de sa diplomatie à tout faire pour contribuer à la conclusion d'un accord mondial sur le climat à Paris, dont l'argent, sera le nerf de la guerre, a-t-il rappelé.
« Nous avons le devoir de réussir parce que c'est un enjeu mondial, parce que c'est la France qui est le pays hôte de ce grand rendez-vous », a averti le président. Au nombre des signaux positifs encourageants, il a notamment cité « le plan courageux des États-Unis » pour la réduction des émissions des centrales électriques américaines, « la contribution sérieuse de la Chine » et la mobilisation des consciences, le projet de texte « plus resserré « qui servira aux négociations techniques de Bonn (31 août-4 septembre). Pour autant, ce n'est pas suffisant », a-t-il estimé.
« Nous avançons, mais le plus difficile reste à venir, c'est-à-dire l'accord lui-même. Nous devons donc accélérer », a déclaré François Hollande en annonçant qu'il se rendra à Pékin au début du mois de novembre pour travailler avec le président chinois, Xi Jinping, « à une nouvelle avancée », et à Séoul (Corée du Sud) où siège le Fonds vert pour le climat, « car nous savons que la question de financements va être essentielle », a-t-il précisé. En cause: les 100 milliards de dollars par an promis par la communauté internationale en 2009 à Copenhague (COP 15) pour soutenir les efforts des pays en développement à compter de 2020 - une promesse qu'il convient de tenir pour rassurer ces pays vulnérables au changement climatique.
Invitant tous les pays à soumettre rapidement leur offre de contribution nationale au futur accord, comme l'ont fait 56 pays seulement, le président a salué l'initiative du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'organiser une réunion des chefs d'État et de gouvernement en marge de l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre à New York. Cette réunion au sommet, qui sera coprésidée par l'ONU, la France et le Pérou, doit permettre « de créer la mobilisation et de donner l'impulsion nécessaire pour fixer le niveau d'ambition globale et les moyens pour y parvenir », a précisé M. Hollande.
Le président français a confirmé son intention d'inviter les chefs de l'État et de gouvernement des pays du monde entier à participer aux premiers jours de la COP 21. « J'ai pensé que le mieux était d'inviter les chefs d'État et de gouvernement au tout début de la conférence et non à la fin. À la fin, il est parfois trop tard et même leurs incantations ne suffisent plus à convaincre et à conclure. C'est l'expérience que nous avons tirée de l'échec de Copenhague », a dit François Hollande. À l'époque, les chefs d'État et de gouvernement avaient âprement négocié pendant toute la durée de la COP 15, sans parvenir à un accord, et en dépit de son ambition, l'Union européenne avait été marginalisée par les États-Unis et la Chine. L'idée du président français est que, cette fois, les chefs d'État et de gouvernement donnent aux négociateurs « une impulsion politique et un mandat clair pour conclure ». (Aminata Niang)