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Bulletin Quotidien Europe N° 11374
Sommaire Publication complète Par article 10 / 15
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) france

M. Hollande veut que l'Eurogroupe décide à la majorité

Bruxelles, 25/08/2015 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a réitéré, mardi 25 août, sa volonté de renforcer l'Union économique et monétaire (UEM) à travers la création d'un gouvernement économique de la zone euro et un assouplissement de la prise des décisions au sein de l'Eurogroupe.

Tirant les leçons des récents soubresauts liés à la crise grecque, « la France et l'Allemagne doivent proposer des initiatives pour relancer l'Union économique et monétaire sous peine d'abandonner l'idéal européen », a dit M. Hollande à Paris, lors d'un discours la conférence annuelle des ambassadeurs français.

Selon le président français, le repli national l'emportera si l'UEM reste « un espace économique avec des règles minimales et une solidarité qui s'exprimerait uniquement dans les crises ». D'où l'importance, à ses yeux, de lancer de nouvelles initiatives « dans le cadre des traités actuels » et dans l'esprit de la « méthode communautaire » afin de dépasser le cadre de la gestion intergouvernementale de la crise de la dette publique.

M. Hollande a plaidé à nouveau pour la formation d'un « gouvernement économique » en zone euro qui soit en mesure de « faire respecter les engagements et les règles » économiques et budgétaires et d'« agir dans l'intérêt de la zone euro ». En outre, placé sous « contrôle parlementaire », un budget propre aux Dix-neuf permettrait de dégager des ressources pour investir dans des secteurs d'avenir tels que « la transition énergétique et écologique, le numérique, l'emploi des jeunes ».

Le chef de l'État français a aussi plaidé pour donner à l'Eurogroupe - l'organe informel des ministres des Finances de la zone euro - les « moyens d'être plus efficace, plus lisible et, d'une certain façon, pus démocratique avec des règles de majorité ».

Conscient des intérêts nationaux divergents sur les questions européennes, M. Hollande a estimé que plusieurs États pourraient ne pas s'engager dans la voie défendue par la France qu'ils soient hors ou même dans la zone euro. C'est la logique de l'« intégration différenciée » à laquelle j'ai déjà fait référence, a-t-il souligné (EUROPE 11363).

Enfin, le leader français a estimé qu'une intégration économique accrue au sein de l'UEM devra, à terme, s'accompagner d'une « convergence fiscale et sociale » à travers notamment l'instauration de « nouveaux droits du travail » en Europe afin d'éviter la course au moins disant social. (Mathieu Bion)