Bruxelles, 25/08/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mardi 25 août, garder l'espoir que les États membres adopteront ses propositions visant à répondre à la crise migratoire et espère notamment le « soutien » à sa proposition de mécanisme permanent de relocalisation des migrants, prévue pour la fin 2015, a affirmé Natasha Bertaud, porte-parole de l'institution.
La Commission réagissait à l'entrevue, lundi 24 août en fin d'après-midi à Berlin, des dirigeants allemand et français, Angela Merkel et François Hollande, qui ont appelé à mettre en œuvre un système d'asile unifié et à accélérer la mise en place de centres d'identification de migrants (EUROPE 11364 et 11363).
Les deux dirigeants ont également renouvelé leur appel à un partage équitable des demandeurs d'asile entre les Vingt-huit. Cela, alors que Berlin vient de suspendre les règles de Dublin en faveur des ressortissants syriens. Dans la pratique, cela signifie que l'Allemagne ne renverra plus ces demandeurs d'asile syriens vers le pays de l'UE où ils sont arrivés en premier.
La Commission s'est félicitée de cette décision et de cette marque de solidarité vis-à-vis des réfugiés et des autres pays européens, a poursuivi Natasha Bertaud. « On ne peut pas laisser seuls les États membres face à cette situation », a-t-elle rappelé.
Lundi, à Berlin, les responsables français et allemand ont appelé à une réponse «unifiée» de l'UE face à la crise des migrants et à la mise en œuvre « le plus rapidement possible » des règles du paquet 'Asile', qui contient notamment le règlement 'Eurodac' sur l'enregistrement des migrants ou le règlement 'Dublin' sur la désignation des pays responsables des demandes. Angela Merkel a également insisté sur la nécessité de mettre très rapidement en place des centres d'identification des migrants en Italie et en Grèce, le centre du Pirée ayant pris du retard.
La Commission européenne n'a toutefois pas considéré ces propos comme des critiques de son action, a précisé Mme Bertaud, jugeant, au contraire, ces propos « encourageants ». Le paquet 'Asile', qui améliore le traitement et la prise en charge des demandes d'asile dans l'UE, n'a été finalisé qu'en avril 2013 et la transposition de ces textes n'a été complétée qu'à la fin juillet 2015, a précisé la porte-parole, ce qui explique, selon elle, que des lacunes existent encore dans l'application des règles. Trente-deux procédures en infraction sont en effet ouvertes contre les États membres concernant les textes récemment amendés ou plus anciens, a encore dit Natasha Bertaud.
La porte-parole de la Commission a toutefois concédé que les choses n'avaient peut être pas avancé « aussi vite que nous l'aurions voulu » depuis avril et la prise de conscience de la gravité de la situation en mer Méditerranée. Sur les fameux « hotspots », ou centres d'identification des migrants, la porte-parole a aussi reconnu que les choses étaient allées plus vite en Italie qu'en Grèce, où le travail administratif permettant de créer des hotspots prend plus de temps.
La Hongrie demande 8 millions d'euros
En théorie, la mise en œuvre de ces hotspots qui associent experts de la Commission, de Frontex, du bureau EASO et experts des États membres, peut aller vite, a poursuivi Mme Bertaud. Et la Hongrie, où sont arrivés plus de 2 000 migrants et réfugiés entre le 24 et le 25 août via la Serbie, pourrait aussi en bénéficier, comme elle pourrait bénéficier du mécanisme de relocalisation des migrants actuellement activé au profit de la Grèce et de l'Italie.
Mais Budapest n'a pour l'heure pas demandé de hotspot. Le gouvernement hongrois a en revanche soumis une demande de financement d'urgence de 8 millions d'euros pour faire face à la situation, demande qui va rapidement être traitée par la Commission en vue d'un financement par les fonds d'urgence européens « doublés au mois de mai » lors de la présentation de l'Agenda européen sur les migrations, a précisé Mme Bertaud.
La situation migratoire dans les Balkans et, en particulier, dans l'Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM), qui avait décrété la semaine dernière l'état d'urgence face aux flux de migrants et même autorisé le recours à des gaz lacrymogènes pour les disperser, sera abordée dès ces 26 et 27 août à Vienne dans le cadre d'un évènement sur l'élargissement.
La chancelière allemande, Angela Merkel, assistera à cette réunion. Vienne devrait y présenter un plan d'action en 5 points, selon EuObserver, portant notamment sur l'aide aux pays des Balkans ou sur l'identification des demandeurs d'asile.
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker devrait, quant à lui, détailler le 9 septembre prochain à Strasbourg, lors de son discours sur l'état de l'Union, les propositions à venir pour répondre à la crise, a encore précisé Mme Bertaud. (Solenn Paulic)