Bruxelles, 31/07/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne et le FMI lui-même ont tenu à minimiser, vendredi 31 juillet, les conséquences du fait que le FMI ne pourra pas s'engager clairement dans un 3ème plan d'aide pour la Grèce tant que la question de la dette n'est pas abordée, comme l'avait mis en lumière, la veille, le Financial Times (EUROPE 11370).
« Il n'y a rien de nouveau », a expliqué Mina Andreeva, porte-parole de la Commission. Soulignant que le FMI avait un carnet de procédures et un calendrier différents, Mme Andreeva a estimé que ce processus en deux temps (conclure un programme puis aborder la question de la dette) était tout à fait compatible avec l'agenda européen. « Ce qui compte c'est de faire des progrès sur le terrain, c'est ce que nous faisons avec le FMI qui participe pleinement aux discussions à Athènes », a conclu Mme Andreeva.
Pour la Commission, la question qui se pose n'est ainsi pas tant si le FMI participera au nouveau plan d'aide, mais plutôt quand il prendra la décision définitive de le faire.
Le FMI a également tenu à rassurer. Rappelant qu'un programme d'aide devait être viable, un représentant du FMI a rappelé, jeudi, que la question de la dette ne serait pas discutée avant l'automne et que les autorités grecques attendraient également les prochains mois pour prendre certaines décisions sur des réformes structurelles. « Donc je pense que tout le monde comprend que le FMI ne peut prendre part qu'au moment où ces décisions des deux côtés seront prises », a relaté un compte-rendu officiel.
Ce représentant a également confirmé que le programme actuel du FMI, supposé durer jusqu'à la fin du mois de mars 2016, devait être remplacé par un nouveau programme, car l'actuel avait « déraillé », ses objectifs ne pouvant probablement plus être atteints d'ici là. Dans le cadre d'un nouveau programme, il faudra « recalibrer » les objectifs et « définir une période plus longue pour les atteindre », a-t-il estimé.
Les représentants des 'institutions' (Commission, BCE, FMI et Mécanisme européen de stabilité) rencontraient, vendredi matin, le ministre grec des Finances, Euclid Tsakalotos. La presse internationale tente de trouver un nom pour ce 'quator'. Or, comme on le souligne tant du côté du MES que de la Commission, la présence du MES, en tant qu'observateur et parfois conseiller, n'est pas une chose nouvelle. Le MES était déjà représenté dans le cadre de discussions pour le plan d'aide à Chypre. Aujourd'hui, il a une plus grande visibilité et l'attention se focalise tout simplement davantage sur lui, a expliqué une source européenne.
De son côté, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'active pour contenir la rébellion au sein du parti Syriza. À l'issue d'une réunion du comité central du parti, jeudi, 17 membres de ce comité ont démissionné, mettant en cause la transformation de Syriza en un parti 'pro-austérité'. Un congrès d'urgence du parti se tiendra en septembre, a décidé le comité central. Le parti y définira sa stratégie. L'idée d'un référendum au sein de Syriza sur les conditions d'un troisième plan d'aide a finalement été rejetée. Le Premier ministre a par ailleurs confirmé avoir personnellement mandaté son ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, pour préparer un plan B en cas d'échec des discussions avec ses créanciers. Il s'agissait toutefois d'un plan d'urgence et non d'un plan pour un 'Grexit', a-t-il affirmé. Les seules à avoir eu un plan pour une sortie de la Grèce de la zone euro sont les 'institutions', a-t-il ajouté. (Elodie Lamer)