Bruxelles, 31/07/2015 (Agence Europe) - La tension sera forte autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du bâtiment où se tiendra, le 7 septembre à Bruxelles, le Conseil Agriculture consacré à la situation des marchés.
En effet, les ministres devraient débattre de mesures supplémentaires à prendre, et notamment de l'éventualité de revoir à la hausse le prix d'intervention dans le secteur du lait. Par ailleurs, « en réponse à la situation déplorable qui touche de plein fouet les éleveurs et les producteurs de lait et de fruits et légumes européens », le Copa et la Cogeca ont convoqué « une manifestation de masse » à l'extérieur du bâtiment où se tiendra la réunion du Conseil Agriculture, « pour souligner le caractère sans précédent de cette situation et appeler à des actions ».
Cela fait des mois maintenant que des actions de protestation sont menées par des agriculteurs dans plusieurs pays européens. Cette situation difficile dans les secteurs européens de la viande porcine, du lait, des fruits et légumes et de la viande bovine est causée principalement par l'embargo russe (sur les produits agroalimentaires européens). Dans de nombreux pays, les prix sont inférieurs aux coûts de production, ce qui contraint certains à mettre la clé sous la porte. Le Copa et la Cogeca accueillent favorablement les actions déjà entreprises par la Commission européenne pour tenter de remédier à la situation (prolongation des aides dans le secteur du lait et des fruits et légumes, EUROPE 11370), mais estiment qu'elles seront loin d'être suffisantes pour compenser les lourdes pertes essuyées par les producteurs.
Plusieurs pays de l'UE et les organisations agricoles demandent notamment une hausse du prix d'intervention dans le secteur du lait. Mais certains pays libéraux, dont le Royaume-Uni et la Suède, sont contre.
Par ailleurs, le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré jeudi que l'appel du gouvernement à préférer les produits français, notamment la viande et le lait, pour soutenir les éleveurs en difficulté « respecte les règles européennes ». « Je n'ai jamais été pour dire qu'il faut empêcher les importations », a-t-il ajouté. La démarche de promotion de la viande française à travers le logo Viandes de France vise à valoriser la production française, sans être en contradiction avec le libre-échange au sein de l'Union européenne, estime M. Le Foll. Après l'annonce la semaine dernière d'un plan d'urgence pour soutenir l'élevage français, les producteurs laitiers allemands ont écrit à la Commission européenne pour se plaindre de la préférence nationale accordée au lait français. La France est par ailleurs en train de plancher sur une liste de propositions afin de déboucher sur des mesures concrètes en faveur des filières lait, viande bovine et porcine, lors du Conseil du 7 septembre, a souligné le ministre qui espère pouvoir rallier une majorité de pays pour soutenir ces mesures. « Je pense que nous n'en sommes pas loin », a-t-il avancé. (Lionel Changeur)