Bruxelles, 30/07/2015 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international (FMI) participera aux discussions sur un 3ème plan d'aide pour s'assurer que celui-ci sera « consistant avec ce qu'il a en tête », mais le Fonds ne sera pas en mesure, « à ce stade », « d'aboutir à un accord au niveau technique » quant à sa participation, a rapporté le Financial Times (FT), jeudi 30 juillet,
Selon le journal, qui a consulté un résumé de la réunion du Conseil d'administration du FMI qui s'est déroulée mercredi 29 juillet, la Grèce ne remplirait pas deux critères pour être éligible à un plan d'assistance financière du FMI, à savoir la viabilité de la dette publique à moyen terme et la « capacité politique et institutionnelle » à mettre en oeuvre les réformes économiques.
« La Grèce veut décider de certaines réformes importantes à l'automne et les Européens ne veulent aborder la question de la dette grecque qu'après la 1ère mission de suivi, car ils veulent d'abord reconstruire la confiance », pointe comme difficultés existantes le résumé. Celui-ci met également en lumière les différences « très larges » entre la vision du FMI sur la question de la dette grecque et celle des Européens.
Le FT rapporte également que certains pays membres non européens du FMI, notamment en Asie, ainsi que le Brésil et le Canada, ont mis en garde sur le besoin de protéger la réputation du FMI.
La participation du FMI au 3ème plan d'aide est cruciale pour certains États de l'eurozone, en particulier pour l'Allemagne, dont le parlement national devra in fine donner son feu vert. Le représentant de l'Allemagne au FMI aurait dit pendant la réunion du Conseil que Berlin préférerait que le Fonds avance en parallèle du processus du plan d'aide du Mécanisme européen de stabilité (MES).
« Ce qui sera critique de mon point de vue est ce que les autorités grecques seront prêtes à faire » et non tout ce « bruit politique » autour des actions promises, a déclaré par ailleurs la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse mercredi 29 juillet. Elle a insisté sur le fait que le gouvernement grec devra prouver sa « détermination » pour faire passer les réformes.
Le 23 juillet, le porte-parole du FMI, Gerry Rice, avait déclaré que la participation du FMI à un 3ème plan d'aide nécessitera, d'une part, « des réformes, un engagement, une mise en oeuvre et, d'autre part, du financement ». « Nous avons dit assez clairement que nous pensons qu'une réduction de la dette est nécessaire », a-t-il tenu à ajouter. (Elodie Lamer)