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Bulletin Quotidien Europe N° 11356
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Les premiers échos sur les propositions grecques sont plutôt positifs

Bruxelles, 10/07/2015 (Agence Europe) - Les institutions (Commission européenne, BCE, FMI) s'attelaient, vendredi 10 juillet, à évaluer les propositions de réformes envoyées la veille par la Grèce, afin de rendre compte à l'Eurogroupe si celles-ci sont suffisantes pour mener la négociation sur un troisième plan d'aide. Vendredi matin, à la lecture des propositions grecques, la presse internationale parlait d'une capitulation du Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Entre optimisme et prudence dans la zone euro. Si plusieurs capitales attendaient l'avis des institutions, certains échos positifs, ou plus prudents, ont déjà pu se faire entendre. Ainsi, pour le président français, François Hollande, que l'on dit maintenant personnellement impliqué dans la gestion de cette crise, « le programme grec est sérieux, crédible et montre une détermination à rester dans la zone euro ». « Rien n'est encore fait, tout peut être fait », a-t-il ajouté sur le réseau Twitter. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s'est montré un peu plus prudent, en estimant que les propositions d'Athènes constituent « un texte très long », qui doit encore être examiné pour voir s'il est « assez concret, s'il va générer assez d'argent, si les effets économiques (prévus) sont assez forts ». Il a ajouté que le soutien des principaux partis d'opposition donnait plus de crédibilité au paquet de réformes, mais que c'est « une décision majeure » qui va devoir être prise samedi 11 juillet. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a déclaré qu'à première vue les propositions grecques fournissaient une « bonne base de discussion » et le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, s'est, quant à lui, dit plus optimiste. Le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, a affirmé qu'« il semble que nous ayons des progrès en Grèce, mais il n'est pas encore clair si ce sera suffisant ».

Le dirigeant du parti grec d'opposition To Potami, Stavros Theodorakis, rencontrait le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, vendredi matin. M. Theodorakis a déclaré à la presse grecque que M. Juncker lui avait dit que les propositions grecques constituaient une bonne base. Une information que la Commission européenne a ensuite refusé de confirmer. À Athènes, l'heure était moins à l'euphorie. Si le parti d'opposition Nouvelle Démocratie affichait son soutien à M. Tsipras, le ministre de l'Énergie, Panagiotis Lafazanis, a quant à lui déclaré que les propositions n'étaient pas compatibles avec le programme de Syriza. Le Parlement grec devait prendre position vendredi soir.

Les propositions grecques. Le texte envoyé jeudi soir par Athènes était très similaire à la dernière proposition de la Commission, contre laquelle les Grecs ont voté par référendum. La Grèce demande un plan d'aide de trois ans de 53,5 milliards d'euros. Les objectifs d'excédents budgétaires sont maintenus (dont celui de 3,5% en 2018) mais la Grèce se dit ouverte à des discussions sur le chemin à prendre pour y arriver, à la lumière de la détérioration des circonstances économiques. La réforme de la TVA devra lever des recettes d'1% du PIB sur base annuelle. Les réductions de TVA appliquées pour les îles seront bien supprimées, graduellement d'ici fin 2016, en commençant par les îles les plus riches et à l'exception des îles les plus éloignées, dès octobre 2015. Le taux de la TVA sera fixé à 23% (restauration incluse), avec un taux réduit à 13% pour les produits alimentaires de base, l'énergie, les hôtels (dès octobre) et l'eau, et un taux super-réduit à 6% pour les médicaments, livres et théâtres. La Grèce entend graduellement supprimer l'allocation de solidarité sociale aux retraites, EKAS, d'ici décembre 2019. Athènes offre de réduire les dépenses militaires de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions en 2016, des objectifs moins ambitieux qu'auparavant. Les documents transmis par Athènes ne font par ailleurs aucune mention d'un allègement de la dette. (Elodie Lamer)

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