Bruxelles, 04/12/2014 (Agence Europe) - La BCE a demandé à son personnel, jeudi 4 décembre, d'accélérer la préparation de nouvelles mesures non conventionnelles qu'elle pourrait adopter si elle constate, début 2015, une détérioration ultérieure de la situation économique de la zone euro.
Par rapport à septembre, nous avons révisé « de manière significative à la baisse » nos prévisions de croissance et d'inflation, a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi. Selon l'institution européenne, la croissance moyenne du PIB de l'Eurozone sera de 0,8% en 2014, 1% en 2015 et 1,5% en 2016. L'inflation atteindra 0,5% en 2014, 0,7% en 2015 et 1,3% en 2016 alors que la mission première de la BCE est de maintenir la hausse des prix sur base annuelle à un niveau inférieur mais proche de 2%. Ces projections d'inflation « n'incorporent pas la chute des prix de pétrole de ces dernières semaines », a mis en garde M. Draghi.
Confrontée à une nouvelle détérioration de la situation économique, le conseil des gouverneurs BCE répète qu'il se tient « unanimement » prêt à recourir à de nouvelles mesures non conventionnelles pour respecter son mandat. Une initiative qui aboutirait à une modification, « au début de l'année prochaine, de l'ampleur, du rythme et de la composition des mesures » déjà prises (baisse record des taux, programme de rachat massif de titres ABS et d'obligations sécurisées). Il a donc demandé au personnel de la BCE d'accélérer la préparation de mesures qui incluent un programme de rachat massif de titres ('QE à l'européenne').
Mener un 'QE à l'européenne' fait partie de notre mandat alors que ne pas respecter notre mandat en matière d'inflation « serait illégal », a estimé l'ancien gouverneur de la Banca d'Italia. Selon lui, dans la conjoncture actuelle, une période trop prolongée de très faible inflation reviendrait à un resserrement de la politique monétaire de la BCE. Lors de sa première réunion à son nouveau siège de Grossmarkethalle, à Francfort, la BCE a donc évoqué plusieurs options de 'QE à l'européenne' qui pourraient prévoir un rachat massif de tout type d'actifs (obligations d'entreprises, titres souverains), sauf de l'or. « Nous n'avons pas besoin de l'unanimité » pour lancer une telle mesure, mais celle-ci peut être élaborée de façon à parvenir à un consensus, a indiqué M. Draghi. La Bundesbank considère en revanche qu'un rachat massif de titres souverains équivaut à un financement indirect des États membres, une mesure incompatible avec les traités européens.
La BCE, qui n'a pas modifié jeudi ses taux directeurs, voit d'un bon oeil le plan 'Juncker' censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements sur 3 ans dans l'UE (EUROPE 11205). Elle n'a pas vocation à financer directement ce plan, mais, à travers sa politique monétaire et son rôle de superviseur européen, elle peut s'assurer de la santé du secteur bancaire qui pourrait être appelé à y contribuer, a dit M. Draghi. (MB)