login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11190
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

L'Europe est à un tournant et les bons choix peuvent prévaloir

Prélude presqu'inutile. L'Europe est de loin le plus grand donateur aux pays tiers et aux populations en difficulté ; en même temps, elle s'efforce de ne pas intervenir dans des conflits lointains ou d'en sortir, si elle y est impliquée.

Cette attitude correspond aux sentiments de l'opinion publique, qui n'oublie pas, de manière plus ou moins consciente, que l'unité européenne avait été créée dans un but bien précis: mettre fin pour toujours aux guerres qui étaient devenues mondiales après avoir éclaté en Europe. En créant un ensemble compact, les pères de l'Europe n'envisageaient sans doute pas de participer ensuite, en tant qu'entité, à des conflits externes ! Certes, cette Union doit être en mesure de se défendre, si nécessaire, et de faire valoir ses droits dans toutes les circonstances.

Avec la Russie, « coopération vigilante ». Les rappels qui précèdent sont utiles pour introduire les évolutions en cours dans les relations de l'Europe avec le reste du monde ; en particulier, un esprit de coopération (vigilante, bien entendu) semble progresser avec la Russie. Le compromis de la semaine dernière sur la relance de l'achat de gaz russe par l'Ukraine est significatif (EUROPE 11189) et des accords sont intervenus dans d'autres domaines.

Ce qui importe, ce ne sont pas les détails des difficultés aplanies, mais c'est l'évolution de l'atmosphère et les perspectives de coopération qui se sont ouvertes. Le nouveau secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré, la semaine dernière à Bruxelles, que l'OTAN et la Russie peuvent bâtir des relations positives, si le comportement de Moscou est transparent et prévisible. Personne ne veut d'une nouvelle guerre froide. Une véritable relation constructive et coopérative (…) doit être fondée sur le respect mutuel (…), sur la primauté du droit et non sur la loi du plus fort. Ainsi, l'intérêt commun peut prévaloir.

L'aspect le plus innovateur du discours de M. Stoltenberg est le passage qui concerne la Norvège. Ce pays a construit une défense forte, qui lui a donné assez de confiance pour travailler avec la Russie dans beaucoup de domaines, allant du militaire à la pêche, de l'énergie à l'environnement. De plus, citoyens russes et norvégiens traversent leurs frontières respectives sans visa. Ce n'est pas par hasard que le successeur de M. Rasmussen a évoqué les relations entre Moscou et Oslo.

Ces passages du discours du Secrétaire général de l'OTAN font partie de l'analyse publiée dans Europe Diplomatie & Défense 743.

La deuxième tendance. Ces évolutions ne sont toutefois pas considérées par tous comme positives et encourageantes. Un certain nombre de personnalités soutiennent et préconisent avec élan une attitude opposée à celle de M. Stoltenberg. Je cite par exemple M. George Soros, compte tenu de son passé et de sa participation à la conférence Good Morning Europe qui se déroule ces jeudi et vendredi au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, avec aussi Jacques Delors, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz.

M. Soros a anticipé sa position dans un texte publié dans différents médias. D'après lui, l'attaque russe en Ukraine était aussi dirigée contre l'UE. Il est à son avis inadmissible qu'un ensemble de pays qui, comme l'UE, se trouve de fait en guerre, applique une politique d'austérité financière. Il estime que « toutes les ressources financières doivent être utilisées pour l'effort militaire », car M. Poutine ne renoncera pas à l'objectif de diviser l'Europe afin de la dominer. Il est convaincu que « l'austérité financière doit être supprimée, car une contradiction existe entre être en guerre et pratiquer l'austérité financière ».

(FR)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°123
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE