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Bulletin Quotidien Europe N° 10670
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

L'UE appelle à la nomination rapide d'un nouvel envoyé spécial

Bruxelles, 03/08/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a appelé, jeudi 2 août, à la « nomination rapide » d'un nouvel envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, après la démission de Kofi Annan, le jour même. « L'UE continue à soutenir les efforts des Nations unies et de la Ligue des États arabes et appelle à la nomination rapide d'un successeur pour poursuivre le travail de M. Annan en vue d'une transition politique pacifique en Syrie », a indiqué Catherine Ashton dans un communiqué, soulignant que « le plan en six points reste le meilleur espoir pour le peuple de la Syrie ». « La démission de M. Annan indique clairement combien il est malheureux que le Conseil de sécurité des Nations unies n'ait pas pu se mettre d'accord sur une résolution, qui aurait entériné le communiqué du Groupe d'action et ainsi contribué à la conformité du plan en six points », a ajouté la Haute représentante.

Mme Ashton a exprimé son « profond regret » à propos de la démission de M. Annan. S'exprimant « au nom de l'ensemble de l'UE », elle s'est dite « très reconnaissante » des efforts de Kofi Annan. « Il a investi une quantité énorme de temps et de dévouement personnel à sa mission difficile et dangereuse », a-t-elle poursuivi.

Les chancelleries regrettent la démission

Saluant le travail de M. Annan, le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a rappelé que le plan de l'ancien secrétaire général de l'ONU « offre toujours la meilleure chance » de restaurer la paix. Il a précisé qu'il comprenait « la frustration de Kofi Annan, la communauté internationale ayant été incapable de lui fournir le soutien requis, du fait des vetos au Conseil de sécurité ». Pour son homologue français, Laurent Fabius, cette démission « illustre l'impasse dramatique du conflit syrien ». « L'envoyé spécial (…) se retire mais l'urgence d'un cessez-le-feu, du départ de Bachar Al-Assad et d'une transition politique respectant toutes les communautés syriennes est plus pressante que jamais », a-t-il ajouté. Le ministre allemand Guido Westerwelle a considéré que, si le plan a échoué, c'est « surtout parce que le régime Assad n'avait pas tenu sa parole de respecter l'accord ». « Il est plus que temps que la Russie et la Chine arrêtent de le couvrir », a-t-il poursuivi.

Les États-Unis, la Russie, la Chine mais aussi le régime syrien ont aussi regretté la décision de M. Annan. Moscou a appelé à trouver d' « urgence » un successeur.

M. Annan a annoncé, le 2 août, qu'il ne souhaitait pas renouveler son mandat d'envoyé spécial pour la Syrie, mandat qui expire le 31 août. Il a précisé avoir « fait de son mieux ». « La militarisation croissante sur le terrain et le manque évident d'unité au sein du Conseil de sécurité ont fondamentalement changé les circonstances pour l'exercice effectif de mon rôle», a-t-il expliqué, convaincu de n'avoir « pas reçu tous les soutiens que la cause méritait ».

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait d'ailleurs voter, vendredi 3 août, sur un projet de résolution sur la Syrie mais la Russie et la Chine devaient une nouvelle fois s'y opposer, considérant le texte proposé par l'Arabie Saoudite comme « déséquilibré » car principalement dirigé contre les autorités syriennes.

Fin de la mission des observateurs le 19 août

L'ambassadeur permanent de la France auprès de l'ONU et président actuel du Conseil de sécurité a annoncé, jeudi, que la mission des observateurs en Syrie prendra fin le 19 août. « La mission ne pourra être poursuivie que si les troupes gouvernementales et l'opposition arrêtent leurs affrontements, ce qui est peu probable », a-t-il expliqué. Le sort de la mission doit être décidé le 16 août.

La compagnie syrienne suspend ses vols

Par ailleurs, la Syrian Airlines a commencé à suspendre ses vols en direction de l'UE, en raison des sanctions l'interdisant d'atterrir sur son sol, a annoncé le 31 juillet un des responsables de la compagnie aérienne à l'AFP. (CG)

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