Bruxelles, 01/09/2011 (Agence Europe) - « Le moment est venu de relancer et de refonder l'UpM (Union pour la Méditerranée) et la France présentera ses propositions à ses partenaires dès les prochaines semaines », a annoncé mercredi 31 août le président français Nicolas Sarkozy lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France. « L'impasse du processus de paix ne doit pas empêcher l'UPM d'être le moteur d'une véritable renaissance de la Méditerranée ! », a-t-il ajouté.
Il a affirmé qu'au « Sud de la Méditerranée où la religion demeure une référence centrale, tout l'enjeu des printemps arabes est de montrer par l'exemple que l'affirmation de ces valeurs ne s'oppose en rien à l'Islam. Enraciner la démocratie, c'est bien sûr organiser des élections libres, mais c'est aussi accepter l'alternance au pouvoir ; c'est respecter les droits et les choix des individus et des minorités ».
Il a souligné le rôle de la jeunesse dans l'accomplissement du « printemps arabe ». « On a parfois comparé ce séisme démocratique à la chute du mur de Berlin et à l'effondrement du bloc communiste. C'est vrai pour l'importance historique. Mais trois différences rendent la suite des événements beaucoup plus complexe ». La première est démographique et caractérisée par la prédominance des jeunes (un tiers de la population) et le lourd déficit d'emplois. La deuxième serait dans l'absence, désormais, des idéologies et, la troisième, serait, en résumé, l'absence de perspectives à long terme comme le fut pour les pays d'Europe centrale et orientale leur adhésion au processus d'intégration européenne. C'est dire, selon le président français, « l'importance des partenariats à développer, dans le respect de l'indépendance et de la souveraineté de ces États. Lors du sommet de Deauville, le G8 s'est engagé fortement et dans la durée, proposant 40 milliards de dollars à la Tunisie et à l'Égypte entre 2011 et 2013, ainsi que l'ouverture de la BERD et de son expertise unique ». Le Maroc, la Jordanie et sans doute, bientôt, la Libye, rejoindront le processus engagé. Mais, a conclu M. Sarkozy, « au-delà, qui ne voit la pertinence de l'Union pour la Méditerranée pour répondre aux attentes des peuples ? » de la rive sud. (F.B.)