Bruxelles, 01/09/2011 (Agence Europe) - Le procès en cours de Ioulia Tymochenko suscite une indignation grandissante au sein de l'UE et s'avère être un dossier à tel point épineux qu'il pourrait constituer « un obstacle dans le processus d'intégration de l'Ukraine à l'UE », a déclaré le président polonais Bronis³aw Komorowski, mardi 30 août, rapporte l'agence PAP. Une déclaration d'autant plus forte qu'elle a été faite le jour de la visite du président ukrainien Viktor Ianoukovytch en Pologne, le pays qui exerce depuis le 1er juillet la présidence du Conseil de l'UE. Cette visite d'un jour avait pour objectif de faire un point sur les relations entre l'UE et l'Ukraine.
En affirmant que le procès de Mme Tymochenko est « perçu dans beaucoup de pays comme étant à caractère politique plutôt que criminel », le président polonais n'a fait finalement qu'exprimer un sentiment largement partagé au sein des États membres de l'UE et des institutions européennes depuis l'inculpation le 24 juin dernier de l'ex-Premier ministre et actuelle présidente du parti politique d'opposition Batkivchtchina (Patrie). Un appel a également été lancé, mardi 30 août, par Wilfried Martens, président du Parti populaire européen (PPE) conjointement avec le sénateur américain John McCain. Ils demandent que le bureau du procureur libère Ioulia Tymochenko sous caution, car son procès « et les pratiques judiciaires qui l'entourent sont de plus en plus perçus comme des poursuites sélectives de membres de l'opposition en Ukraine ». Accusée d'abus de pouvoir à l'occasion de la signature en 2009 d'un accord gazier avec la Russie et pouvant encourir jusqu'à dix ans de prison, Mme Tymochenko a toujours rejeté ces accusations, en accusant à son tour le président Ianoukovytch d'utiliser des méthodes soviétiques pour détruire toute forme d'opposition à son pouvoir. Depuis le 5 août, elle a été incarcérée. Pourtant, le président ukrainien se montre inflexible. À la veille de son arrivée en Pologne, il avait fait savoir que « nos discussions sur ce sujet ne vont pas avoir d'incidence sur la décision du tribunal », car « les autorités ne devraient pas s'ingérer dans le fonctionnement de la justice ; c'est un standard européen, un standard en vigueur dans les États démocratiques ». Sans aucun doute, le dossier de l'ex-Premier ministre constituera un des points capitaux de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères qui vont se réunir à Sopot (Pologne) les 2 et 3 septembre. D'autant plus que pour la Présidence polonaise le partenariat oriental constitue une priorité et, de son côté, l'Ukraine espère progresser dans les prochains mois sur des accords de libre-échange avec l'UE. (J.K.)