Bruxelles, 05/10/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, mardi 5 octobre, avoir conclu un accord de coopération avec la Libye afin d'aider ce pays à mieux lutter contre l'immigration clandestine et à renforcer le droit des réfugiés. L'accord a été conclu lors d'une visite en Libye de la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, et du commissaire à la Politique de voisinage, Stefan Füle. Il marque « une étape très importante, qui introduit une véritable coopération concrète entre les deux parties », a déclaré Michele Cercone, le porte-parole de Mme Malmström.
« Les deux parties ont conclu un accord sur une liste d'initiatives de coopération en matière de surveillance des frontières, de protection des réfugiés et de lutte contre la traite des êtres humains », a-t-il ajouté. Une enveloppe financière de 50 millions d'euros sera mobilisée pour la période 2011-2013 en vue d'assister les autorités libyennes à concrétiser cet accord, a souligné le porte-parole, précisant que cet argent ne serait pas donné au gouvernement libyen mais dépensé directement par la Commission sur la base de projets concrets.
Le programme conclu couvre divers thèmes, allant de la sécurité aux frontières à la protection des migrants, en passant par la mobilité entre les parties et le renforcement de la coopération avec les pays d'origine en Afrique. Il est notamment prévu que la Libye mette en place un système permettant de veiller au respect des droits des réfugiés en accord avec les normes internationales et notamment avec la Convention de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) régissant les aspects propres aux problèmes de réfugiés en Afrique (1969). La Libye est signataire de cette Convention, mais ne l'a pas encore ratifiée. La Commission n'insiste cependant pas pour que ce pays adopte la Convention de Genève sur le statut des réfugiés, alors qu'elle accorde beaucoup plus de droits aux réfugiés. Par ailleurs, la Commission s'engage à fournir une formation, une assistance technique et des équipements à la Libye en vue d'améliorer ses capacités de protection des réfugiés. Elle l'assistera aussi sur les problèmes de capacités d'accueil pour les demandeurs d'asile et de retours volontaires. Les deux parties ont enfin convenu de la création d'un groupe informel composé de hauts fonctionnaires (Libye, Commission, États membre de l'UE et de l'Union africaine) pour mettre en œuvre ces différentes initiatives. À l'occasion de la visite de la délégation européenne, le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a renouvelé sa demande de 5 milliards d'euros par an à l'UE pour « stopper définitivement » l'immigration clandestine à partir de ses côtes, a rapporté mardi l'agence libyenne Jana. La Commission juge exagérée cette demande, laquelle a déjà été formulée par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi fin août, lors d'une visite en Italie. Le gouvernement italien, sans approuver cette somme, souhaite que la question soit discutée pendant un sommet euro-africain prévu en novembre, qui aura lieu en Libye. (B.C.)