Bruxelles, 27/05/2010 (Agence Europe) - L'Ukraine peut espérer obtenir, en automne, une feuille de route pour la libéralisation des visas, a indiqué le commissaire à l'Élargissement et à la Politique de voisinage, Stefan Füle, lors d'une réunion ministérielle avec les six pays partenaires du Partenariat oriental (Ukraine, Géorgie, Moldavie, Bélarus, Arménie, Azerbaïdjan) qui s'est tenue lundi 24 mai à Sopot en Pologne. Le dialogue entre l'UE et l'Ukraine sur les visas progresse bien « et j'espère qu'un plan d'action concret concernant les visas sera prêt avant le Sommet UE/Ukraine » qui aura lieu en octobre 2010, a commenté M. Füle après la réunion qui était co-présidée par Angel Miguel Moratinos, le ministre espagnol des Affaires étrangères (présidence tournante de l'UE) et son homologue polonais, Radoslaw Sikorski. Les discussions sur la feuille de route, qui précisera en détail les critères techniques à remplir par Kiev sans toutefois déjà donner une date pour la suppression des visas, sera aussi au centre du Conseil d'association de juin.
Le calendrier n'est pas anodin. Après la Serbie, la Macédoine et le Monténégro (qui ont obtenu la suppression des visas en 2009) ainsi que l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine (pour lesquels la Commission a proposé jeudi la libéralisation des visas, voir autre nouvelle), l'Ukraine voudrait à tout prix être le prochain pays à être mis sur la liste blanche des États dont les ressortissants n'ont pas besoin de visa pour entrer dans l'espace Schengen. Kiev se trouve en compétition directe avec la Russie qui, elle aussi, serait proche d'obtenir son plan d'action pour la suppression des visas. Moscou fait pression pour que la décision soit annoncée lors du Sommet UE/Russie à Rostov (31 mai/1er juin) mais plusieurs États membres (Pologne, pays baltes, République tchèque, Autriche, Pays-Bas, Belgique, etc.) estiment que ce serait envoyer un mauvais signal politique si la Russie devançait l'Ukraine. C'est pourquoi ce groupe de pays membres, mené par la Pologne, demande à l'UE d'adopter une approche régionale sur les visas englobant tous les six pays du Partenariat oriental et la Russie.
« Amis du Partenariat oriental ». Lors de la réunion de Sopot, Radoslaw Sikorski a aussi proposé à ses collègues de créer un « groupe d'amis du Partenariat oriental » regroupant des pays, tels que la Russie, qui voudraient participer aux programmes liés au Partenariat. Ce groupe comprendrait aussi « des pays susceptibles de devenir des donateurs, comme la Norvège, le Canada, les États-Unis ou le Japon », a-t-il dit. (H.B.)