Les clubs les plus riches sont aussi les plus performants. - Selon le « Panorama footballistique des clubs européens » que vient de publier l'UEFA et qui a examiné les comptes des 732 clubs de première division des 53 fédérations affiliées (en 2008), les clubs les plus riches sont aussi ceux qui engrangent la plupart des victoires. En 2008, dans 66% des cas étudiés, le club national le plus riche a terminé à l'une des deux premières places de son championnat, attestant la croissance du « foot business ». Sur l'année 2008, l'élite des clubs européens a généré 11,5 milliards d'euros de revenus, en hausse de 4,8% par rapport à 2007. Les cinq ligues majeures que sont les championnats anglais, espagnol, italien, allemand et français dominent largement, sans surprise, cumulant 66% de l'activité du secteur. Parmi les sources de revenus, on note que les droits TV arrivent en tête, à 36%, devant la publicité et le sponsoring (25%), la billetterie (22%) et les autres recettes (17%). L'UEFA remarque aussi des écarts très importants entre les riches et les pauvres, que ce soit entre les pays ou entre les équipes. Dans chaque ligue, en moyenne, les quatre plus grandes équipes ont des revenus 3,9 fois supérieurs à ceux des autres clubs. Un constat qui confirme la pertinence du modèle du « big four », ce schéma qui voit quatre clubs dominer sportivement et économiquement la compétition comme c'est le cas en Angleterre. Par ailleurs, il s'avère que les clubs examinés ont généré 578 millions d'euros de pertes cumulées contre 515 millions en 2007. Au total, 47% des clubs étaient en perte, même légèrement, et 22% affichaient un déficit sérieux supérieur à 20% de leur chiffre d'affaires. L'enquête indique également qu'en 2008-2009, 58% des équipes ont enregistré une baisse d'affluence dans leur stade, ce qui montre l'impact de la crise financière. Plus préoccupant: les coûts ne sont pas contrôlés. Ils ont progressé entre 2007 et 2008 plus vite que les revenus, à cause de l'inflation des salaires dont la hausse a été de 18% en un an, à 7,1 milliards. Globalement, les dépenses des clubs ont été de 12,1 milliards d'euros, soit 105% du chiffre d'affaires, auxquelles il faut ajouter l'endettement. Le passif global des plus grands clubs est de 18,2 milliards, dont 6,3 milliards de dette nette. Les clubs anglais sont les plus concernés. Avec une dette de 3,8 milliards, ce sont aussi eux qui, avec leurs stades, ont les plus gros actifs. C'est dans ce contexte, que l'UEFA aspire à instaurer un « fair-play financier ». (I.L.)