Bruxelles, 26/04/2010 (Agence Europe) - Invité lundi 26 avril par la commission du développement régional du Parlement européen pour expliquer sa vision de la politique régionale, Johannes Hahn s'est attaché à montrer qu'investir dans les régions est indispensable pour leur relance, qu'il est essentiel de mettre la politique de cohésion au service de la stratégie UE 2020 et de mobiliser une croissance intelligente, verte et durable. Écouté attentivement par la présidente de la commission parlementaire et ancienne commissaire à la Politique régionale, Danuta Hübner, Johannes Hahn a déclaré: « La politique régionale que nous envisageons signifie que, dans les régions, les investissements doivent avoir des retombées, que toutes les régions se développent et que l'on peut avoir une croissance économique durable au profit de tous les citoyens européens ».
Le commissaire a appelé à se concentrer sur un « petit nombre de priorités » et à avoir une flexibilité maximale dans la mise en œuvre de ces programmes dans toutes les régions. Précisant sa pensée, il a rappelé que, pour la période 2007-2013, 230 millions d'euros sont réservés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour la recherche et le développement, le changement climatique ou encore « pour rendre le transport et l'énergie plus écologiques ». Cependant, garantir une flexibilité maximale de la mise en œuvre des programmes, garantir la force des régions, leur fournir un guichet unique où l'on peut définir les forces et faiblesses de chacune d'entre elles est important dans le débat sur la stratégie UE2020, a expliqué M. Hahn, en estimant qu'il faut maintenir le seuil de 3% « et même aller au-delà de ces 3% si on veut atteindre des objectifs ambitieux au niveau national ».
À propos de la politique de cohésion, « qui n'est pas moins importante », Johannes Hahn a affirmé qu'une politique de cohésion équitable « ne peut pas se faire avec un tarif zéro et qu'il faut tenir compte des contraintes budgétaires ». Le commissaire a lancé un appel aux députés européens pour qu'ils contribuent à ce que la politique sociale soit incluse dans la politique régionale et à éviter une fragmentation budgétaire. Répondant ensuite aux nombreux députés, il a précisé:
(1) Financement /révision à mi parcours: à Constanze Krehl (S&D, allemande), le commissaire a indiqué qu'après les vacances d'été, une décision financière sur la révision à mi-parcours tombera. La politique régionale est une politique dispendieuse et nous en avons « une présentation » en préparation.
(2) Macro-Régions: Johannes Hahn a insisté sur l'application du principe de subsidiarité. « Il ne faut pas avoir pour objectif de créer une macro-région si ce n'est pas pour apporter une solution aux problèmes qu'elles endurent », a-t-il fait remarquer à Lambert van Nistelrooij (PPE, néerlandais).
(3) Programme Erasmus pour les représentants régionaux et locaux: pourquoi la Commission a-t-elle décidé de ne pas continuer ce programme, a demandé une députée. Et M. Hahn de répondre: « Il y a un problème budgétaire. Le PE a fait une proposition pour voir comment on pouvait poursuivre ce programme. Ce qui serait utile, c'est un échange entre hommes et femmes politiques entre les différentes collectivités territoriales. Il y a déjà eu un développement de la situation depuis la stratégie UE 2020 ». « À mon avis », a répondu à un autre député M. Hahn, « ce programme a vraiment un sens. Il faut voir s'il y existe une possibilité sur le plan opérationnel ».
(4) Simplification des règles/Marchés publics: À Oldrich Vlasak (ECR, tchèque) qui demandait au commissaire s'il avait des informations sur la façon dont les différents États membres accomplissent leur part de marché ou bien si c'est à la Commission et au PE qu'incombe cette tâche, Johannes Hahn a indiqué qu'il fallait évaluer cela avec la DG Marché intérieur. « Nous avons déjà fait des simplifications et des mises en œuvre. Je voudrais que, dès le début, un projet soit intégré dans la préparation et l'évaluation des marchés pour garantir une mise en œuvre dans les régions, une meilleure performance à l'avenir. Il faut une concordance entre objectifs et projets. Il faut travailler avec les autres DG et commissaires européens ».
(5) Grands projets/environnement: si la législation sur l'environnement n'est pas transposée, y a-t-il aval de la Commission, s'est interrogée Elisabeth Schroedter (Verts/ALE, allemande). « S'il n'y a pas de conformité avec la législation européenne sur l'environnement, on ne peut rien faire. La DG Environnement demande que les conditions nécessaires existent au plan matériel », a répondu M. Hahn.
(6) Le Fonds social européen (FSE) doit-il faire partie de la politique de cohésion ? Sur ce point, Johannes Hahn a estimé que « FSE et Fonds structurels doivent pouvoir travailler avec nous ».
(7) Régions Ultra-périphériques (RUP)/versements anticipés: « Anticiper sur les paiements pour ces régions. Le Traité de Lisbonne le dit. Des conditions particulières existent pour ces régions et il faut en tenir compte », a souligné Johannes Hahn. (G.B.)