L'Europe attire toujours les investisseurs. - Selon les estimations du cabinet immobilier CB Richard Ellis, le secteur immobilier européen aurait cumulé 970 milliards d'euros de dettes, dont la moitié arrive à échéance d'ici à trois ans (plus de 160 milliards pour cette année). Ce total comprend 207 milliards d'euros de dettes liées à des biens de qualité médiocre, financés avec un levier d'endettement élevé et dont le remboursement va poser un réel problème. Le bilan montre que les problèmes se concentrent sur le Royaume-Uni (34% du total) et l'Allemagne (24%). Il ne prévoit toutefois pas pour autant un afflux massif de ventes forcées d'actifs à des prix bradés. Les banques ne pourront pas porter ces dettes éternellement mais n'ont pas intérêt à récupérer les biens pour les vendre en constatant au passage des pertes massives dans un marché déprimé. Les fonds « vautours », qui se sont créés récemment pour racheter des biens immobiliers à prix bradés, ne réalisent pour l'instant pas beaucoup d'affaires. Du côté des investisseurs, ceux-ci recherchent les actifs et les marchés les plus en vue avec, par conséquent, un risque de surenchère dans les prix. Le marché européen reste prisé et les incursions sur des marchés émergents ne sont plus d'actualité: 60% des 270 investisseurs européens sondés par CBRE veulent en priorité se concentrer sur l'Europe en 2010, et 31% plus précisément sur le Royaume-Uni. Londres est actuellement la seule place européenne enregistrant un très net redressement du prix des bureaux. Par ailleurs, les investisseurs parient, d'un côté sur une reprise en Allemagne (18%) et de l'autre en France (18% également). Au final, bien que l'Asie soit la zone ayant enregistré la reprise la plus vigoureuse, elle ne tente que 21% des investisseurs alors que les États-Unis, qui n'arrivent pas à sortir du marasme, n'attirent que 12% des sondés. Quant au Moyen-Orient, seul 1% veut s'y aventurer. (I.L.)