Bruxelles, 23/04/2010 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec Georges Papandréou a annoncé vendredi 23 avril qu'il avait instruit le ministre des Finances du pays, George Papaconstantinou, de demander l'activation du mécanisme d'appui financier de l'UE et du FMI (prêts bilatéraux coordonnés), tel qu'accepté le 26 mars dernier par les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro et tel que détaillé ensuite par les ministres européens des Finances de l'Eurogroupe, le 11 avril. Une mission conjointe se trouve à Athènes avec des responsables de la Banque centrale européenne, du FMI (Fonds monétaire international) et de la Commission européenne, pour préparer les paramètres de cet appui financier et déterminer « la conditionnalité attachée à cet appui financier », a précisé la Commission européenne, lors d'un point de presse.
« Nous allons appliquer la séquence prévue », a précisé le porte-parole d'Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, à savoir: - la Commission européenne, en contact avec la BCE, va émettre un avis sur la nécessité d'activation de l'aide suite à la requête de la Grèce ; - à la lumière de cet avis de la Commission européenne (et de la BCE), l'Eurogroupe décidera formellement de l'activation du mécanisme.
La Commission a rappelé qu'il s'agit d' « un seul » mécanisme conjoint UE et FMI. Il faudra « un peu de temps » avant que l'argent soit versé: il faut: 1) rédiger le programme, ce qui, de l'avis de la Commission, ne devrait pas poser de problème car il existerait une convergence de vues entre la Commission, le FMI et l'Eurogroupe en ce qui concerne « le diagnostic et les remèdes à appliquer ». Les autorités grecques ont fait le nécessaire pour que l'objectif de réduction du déficit en 2010 soit atteignable, a rappelé la Commission ; 2) l'approbation, par les pays de la zone euro, de la provision de fonds pour le mécanisme, avec une clé de répartition et des montants connus, a dit le porte-parole de M. Rehn. Il a ajouté que tous les membres de la zone euro vont participer à ce mécanisme et faire en sorte que cette provision de fonds « soit rapide ».
Le calcul du taux d'intérêt appliqué aux prêts de la zone euro en faveur de la Grèce sera connu quand les fonds seront décaissés (ce taux était de 5% en date du 11 avril, quand la Commission avait présenté une simulation). Les taux évaluent à la hausse depuis les derniers jours, mais la Commission précise que le mécanisme doit « offrir à la Grèce une assistance financière à des conditions avantageuses pour l'aider à refinancer sa dette publique ».
L'aide doit s'étaler sur trois ans, et s'élever, la première année (2010), à 30 milliards d'euros pour l'UE (on parle de 15 milliards en plus du FMI). La Grèce, dont la dette s'élève à près de 300 milliards d'euros (125% du PIB), doit rembourser 30 milliards d'ici la fin de l'année.
Faut-il une réunion formelle de l'Eurogroupe pour prendre une décision ? C'est Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, qui doit en décider.
« Le moment est venu de mettre en œuvre la décision que nous avons prise tous ensemble avec nos partenaires », a déclaré le Premier ministre Georges Papandréou, depuis le port de la petite île de Kastelorizo, dans un discours retransmis par les télévisions grecques. « Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port sûr où nous pourrons remettre notre navire à flot (...) et pour envoyer le message aux marchés que l'Union européenne ne joue pas et qu'elle protège l'euro », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a rappelé qu'Athènes aurait préféré ne pas solliciter cette aide, tablant sur le fait que l'affirmation du soutien européen « aurait suffi à calmer les marchés ».
Le gouvernement espagnol s'est dit vendredi « satisfait » de l'activation par la Grèce d'un plan d'aide UE-FMI en sa faveur, exprimant l'espoir que la situation du pays allait désormais « s'améliorer ».
Y a-t-il un lien entre la publication jeudi 22 avril des nouveaux chiffres du déficit grec (EUROPE n° 10124) et la demande, le lendemain, d'activation de l'aide ? La Commission n'a pas répondu, mais en a profité pour faire une mise au point: cette révision à la hausse n'est pas un « coup porté à la crédibilité de la Grèce, c'est exactement le contraire: ce qui s'est passé hier devrait renforcer la crédibilité des statistiques grecques et des efforts des autorités grecques pour redresser la situation. Les autorités grecques coopèrent au quotidien avec Eurostat pour mettre de l'ordre, de la transparence et de la fiabilité dans les statistiques », a souligné le porte-parole du Commissaire Rehn. (L.C.)