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Bulletin Quotidien Europe N° 10112
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Europol centralisera les données liées à la cybercriminalité

Bruxelles, 06/04/2010 (Agence Europe) - La plate-forme européenne de signalement des cybercrimes ne verra pas le jour sous la forme d'un guichet unique pour tous les citoyens de l'Union, mais permettra de centraliser les bases de données nationales. C'est la principale conclusion de l'atelier « Plate-forme de signalement de contenus illicites: vers une plate-forme européenne », qui s'est déroulé à l'occasion du 4ème Forum international sur la cybercriminalité (FIC 2010), le 31 mars et le 1er avril, à Lille. Une « superplate-forme » Icros (Internet Crime Reporting Online System) devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année au sein d'Europol pour mieux coordonner la répression des sites illicites à travers les 27 pays de l'Union. Toutefois, cette structure ne devrait pas accueillir un guichet unique virtuel destiné à recevoir des signalements de contenus illicites de la part des citoyens européens, par exemple concernant la pédopornographie. Pour le représentant de la Commission européenne, Radomir Jansky, « la plate-forme ne peut pas uniquement exister au niveau d'Europol ». Le service européen d'enquêtes criminelles doit plutôt « utiliser les outils existants pour les incorporer à sa plate-forme, et c'est ce qu'il a su faire », a-t-il indiqué, selon le site d'information Clubic.com. La problématique est en effet complexe: sur les 27 États de l'Union, 16 ont déjà une plate-forme de signalement étatique, 4 ont adopté une structure mixte public-privé, et 7 n'ont pas du tout de solution. M. Jansky estime que ces pays, « l'Espagne, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, les Pays-Bas, le Portugal et la Slovaquie », devraient être bientôt pourvus grâce à une aide d'Europol. Pour autant, la diversité des situations empêche toute intégration européenne du signalement des cybercrimes. Selon le représentant de la Commission, il ne faudrait donc pas se diriger vers une plate-forme de signalement unique, mais vers une centralisation des bases de données. L'intérêt de conserver les points d'accès pour les citoyens au niveau des États membres est aussi financier: la plate-forme d'Europol « n'a coûté que 300 000 euros », précise Radomir Jansky, sur un budget total du programme « Prévenir et combattre la criminalité » (ISEC) de 85 millions d'euros en 2010. Ce programme ne gère pas que la criminalité en ligne, qui n'est qu'une petite partie du budget. Pour Nicola Dileone, officier de police à Europol, le constat est similaire: « Il est impossible de gérer 27 réalités sur le signalement. Il faut une gestion du système par chaque État membre, et une centralisation des données au niveau européen ». La superplate-forme Icros sera donc chargée de regrouper ces bases de données, pour une analyse complète par l'« Analytical work file cyborg ». Stefaan De Clerck, le ministre belge de la Justice, a annoncé l'intention de la Belgique, qui présidera l'Union européenne au deuxième semestre de cette année, de travailler à l'amélioration de la collaboration internationale face à la cybercriminalité. Après le lancement en 2009 de la plate-forme française Pharos, 52 353 signalements ont été effectués. Sur ces signalements, 6 000 ont été traités, et 313 ont fait l'objet d'une enquête au niveau national, tandis que 1 800 ont été transmis à Europol. (B.C.)

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