Bruxelles, 29/03/2010 (Agence Europe)- Le lancement de la deuxième phase de l'accord « Open skies », intervenu jeudi 25 mars, a rencontré un accueil réservé de la part de l'industrie européenne. Au nom de l'Association internationale des transporteurs aériens (IATA), Giovanni Bisignani a regretté l'absence de « progrès significatif en matière de propriété » dans le projet d'accord préliminaire auquel sont parvenus Américains et Européens (EUROPE n° 10106). « L'accord n'est pas un pas en arrière, mais il ne nous a pas avancés », a estimé le directeur général de l'Association. « La fiabilité financière à long terme de l'industrie dépend des libertés commerciales normales », a-t-il insisté. Le transporteur britannique British Airways a aussi critiqué l'accord. « Nous espérons que la conclusion des négociations de la deuxième étape se soldera par une levée immédiate des restrictions imposées à la propriété et au contrôle des compagnies aériennes américaines », constate la compagnie. Cette dernière, qui en cas d'adoption de cet accord perdra la possibilité d'invoquer la clause de suspension insérée dans le texte de l'accord de première étape, a par ailleurs appelé les deux parties « à honorer les engagements fermes » visant à libéraliser davantage les marchés aériens transatlantiques. Pour les aéroports, Olivier Jankovec, directeur général de l'ACI Europe (Conseil international des aéroports - Europe), a indiqué toutefois que malgré l'absence de progrès tangibles en matière d'investissements, l'accord garantissait toujours « plus de stabilité » et renforçait « significativement » la coopération entre l'UE et les États-Unis. « La coopération renforcée dans les domaines de la compétitivité, de la gestion du trafic aérien, de la sécurité et de la sûreté bénéficieront aux voyageurs, à nos aéroports membres et à leurs communautés », a-t-il dit. Les aéroports craignent néanmoins que les bénéfices escomptés en cas de pleine libéralisation du marché aérien transatlantique, notamment en termes de croissance du trafic de passagers (26 millions de passagers supplémentaires en cinq ans selon la Commission européenne) ne permettront pas de contrebalancer pleinement l'impact de la crise financière qui a touché le secteur.
L'accord de deuxième étape a été initialisé jeudi, par les délégations américaine dirigée par John Byerly et de l'UE menée par Daniel Calleja. Le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, a estimé que les deux parties ont fait « un pas en avant majeur» vers la création d'un véritable espace aérien entre les États-Unis et l'UE, un marché qui compte déjà pour 60% du trafic aérien mondial. Outre les engagements réciproques - mais sans échéance fixe - sur la libéralisation des investissements et l'assouplissement des restrictions imposées aux vols en raison du bruit, l'accord prévoit une série de dispositions concrètes visant à assurer la compatibilité des normes techniques, environnementales et de sûreté entre les marchés européen et américain. Il introduit notamment un mécanisme de « convergence réglementaire » en matière de compétitivité, d'aides d'État et de sûreté. Il prévoit des mécanismes pour un contrôle unique en matière de sûreté, la coordination technique en vue de réduire les émissions polluantes de l'aviation et la coordination des politiques environnementales au niveau international et formalise l'initiative AIRE, qui doit permettre de réduire l'empreinte carbonique des avions grâce à une meilleure gestion du trafic aérien (EUROPE n°9448). Le Conseil des ministres de l'UE devrait se prononcer sur ce dossier le 24 juin au Conseil « Transports ». (A.By.)