La Présidence espagnole va donner le ton de l'Europe pour l'avenir, affirme Diego López Garrido
À la veille du semestre espagnol de présidence du Conseil, nous avons rencontré le secrétaire d'État aux Affaires européennes. Diego López Garrido évoque la mise en vigueur du Traité de Lisbonne et le grand défi qui devra, selon lui, être relevé dans les années à venir: l'unité de l'Europe.
Agence Europe: Première Présidence tournante du Conseil après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l'Espagne hérite d'un champ d'action réduit. Comment envisagez-vous le nouveau rôle de la Présidence ?
Diego López Garrido: La Présidence tournante du Conseil demeure et le Conseil a un pouvoir extraordinaire dans l'Union européenne parce qu'il aura de nouvelles compétences provenant du Traité de Lisbonne. Et la Présidence du Conseil continuera de coordonner toutes les formations différentes du Conseil, préparer l'ordre du jour du Conseil européen. (…) Le président du Conseil, c'est-à-dire le président Zapatero, va présenter le programme de la Présidence au Parlement européen (…) en janvier et il continuera d'être le responsable de l'application du programme politique de la Présidence. Ce programme comportera des priorités très très importantes, mais il est vrai que la représentation extérieure de l'Union sera désormais assurée par le président Van Rompuy et Lady Ashton. (…) Dans le cas de la Présidence espagnole, il y aura une situation particulière dans la mesure où elle sera la présidence de transition entre le vieux modèle et la structure inscrite dans le nouveau traité. C'est pour cela que la Présidence devra en particulier veiller à la mise en œuvre du Traité de Lisbonne et au renforcement des nouvelles figures, le président du Conseil européen et le Haut représentant. (…) Cela fait peser des attentes élevées sur la Présidence espagnole.
A.E.: Quelles sont vos priorités dans le cadre de la mise en œuvre du Traité de Lisbonne ?
D. L. G.: Le Traité de Lisbonne, c'est une nouvelle phase de la vie de l'Union. Cela va être impossible de tout faire en six mois. Mais nous allons donner le ton de l'Europe pour le futur. Parce que la Présidence espagnole a pour première priorité l'application du Traité de Lisbonne, c'est-à-dire la mise en place des nouvelles structures, la répartition des pouvoirs à l'intérieur de l'Union. Nous devrons développer les nouvelles compétences comme l'énergie - aller vers un marché intérieur de l'énergie - ou la coordination des politiques économiques. Nous devrons commencer les travaux pour l'application de l'initiative citoyenne, la signature de la Convention européenne des droits de l'Homme, des nouvelles dispositions sur la justice et les affaires intérieures. (…) Nous devrons appliquer le plan d'action du programme de Stockholm. S'y ajoutent la protection des droits de l'Homme, l'extension du statut de la citoyenneté européenne du 21ème siècle qui en font une tâche formidable.
A.E.: Vous espérez parvenir à l'adhésion à la Convention européenne des droits de l'Homme dans les six mois qui viennent ?
D. L. G.: Non. Je ne crois pas. C'est une question très complexe. Il faut négocier la question avec le Conseil de l'Europe. Il faut préparer techniquement la question. Il faut opérer quelques changements dans le statut du Conseil de l'Europe pour admettre une organisation comme l'Union européenne. (…) Mais nous allons ouvrir la voie à la signature de la Convention européenne des droits de l'Homme.
A.E.: Vous pensez que le frein le plus important se situe au Conseil de l'Europe ou au sein du Conseil de l'UE ?
D. L. G.: Nous sommes en contact avec le Conseil de l'Europe qui est prêt pour approuver la réforme pour accueillir l'Union européenne. Je crois que la question de l'approbation du protocole 14 par la Russie (approuvé en mai 2004, ce protocole sur la réforme du fonctionnement de la Cour n'est toujours pas entré en vigueur en raison de l'absence de la ratification russe: NDLR) est en train d'être résolue. Il n'y a pas de problème avec la Russie. C'est juste une question de temps. C'est une question technique pas politique.
A.E.: On estime généralement que le service européen pour l'action extérieure pourrait commencer à fonctionner vers le mois d'avril. Ce calendrier est-il tenable ?
D. L. G.: Oui. Je viens d'en parler avec Catherine Day (l'entretien a été réalisé le 8 décembre à Bruxelles: NDLR), la secrétaire générale de la Commission européenne. Et nous avons réaffirmé la date d'avril pour lancer le service d'action extérieure. Pour l'organisation, les structures, la décision doit être adoptée et le Traité de Lisbonne exige une proposition du Haut représentant, l'approbation de la Commission, l'approbation du Conseil et la consultation du Parlement européen. C'est vrai que toutes les institutions sont impliquées dans ce processus, mais je crois qu'il sera possible d'adopter la décision politique de lancer le service d'action extérieure.
A.E.: La création de ce service suscite de nombreuses craintes au sein du Conseil, de la Commission, du Parlement, des États membres. Les uns y voient un risque de dérive intergouvernementale, les autres une perte de souveraineté nationale. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
D. L. G.: Ce n'est pas un service à envisager comme intergouvernemental. Pas du tout ! C'est un service de l'Union européenne, autonome dans sa structure, dans son fonctionnement. Il va représenter l'Union en tant que telle. Il y aura une seule personnalité juridique pour l'Union. Les différents piliers sont abolis. C'est un service qui dépendra de la vice-présidente de la Commission, Lady Ashton (…). Il y aura des personnels provenant de la Commission, du Conseil, des États membres, mais ce service ne sera pas intergouvernemental. Ce sera un service diplomatique européen, un service qui, je crois, devra être le meilleur. C'est pour cela qu'il va falloir animer, motiver les fonctionnaires à rejoindre le service européen.
A.E.: L'Espagne va-t-elle soutenir le développement de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ou est-elle tentée d'abandonner les questions de sécurité à l'OTAN ?
D. L. G.: Je crois que l'Union européenne a une place pour les missions civilo-militaires, le maintien de la paix, l'imposition de la paix. Et je crois qu'il y aura un espace très large pour la nouvelle politique extérieure européenne. Nous n'avons pas une vraie politique extérieure. Il faut la construire… la construire avec les nouvelles figures et avec le service de l'action extérieure. Il faut mettre dedans la politique de défense européenne. Nous pensons lancer le débat sous Présidence espagnole: il y aura un séminaire dédié à la possibilité de construire la coopération structurée permanente, comme le prévoit le Traité de Lisbonne. Il faut y réfléchir, c'est pourquoi nous avons prévu ce séminaire.
Sur le plan militaire, il existe déjà des missions purement européennes, comme Atalanta (l'opération de lutte contre la piraterie au large de la Somalie: NDLR) par exemple. Je crois qu'il y a une place pour des missions européennes compatibles avec les missions de l'OTAN. (…) Nous sommes pour l'approfondissement de la politique extérieure, la création d'une vraie diplomatie européenne. Nous avons créé les nouvelles figures pour avoir une vraie politique extérieure. Il serait choquant d'avoir les instruments et pas la politique.
A.E.: L'Union pour la Méditerranée se réduit pour l'instant à un siège sans les personnalités. Croyez-vous qu'il soit possible de donner vie à cette Union pour la Méditerranée ?
D. L. G.: Vous savez bien que la situation au Moyen-Orient continue d'affecter négativement des propositions constructives comme l'Union pour la Méditerranée (UpM: NDLR). Elle a été presque paralysée par la crise de Gaza, par exemple. Mais nous comptons sur les nouvelles capacités de l'Union européenne et je crois que très rapidement nous aurons le secrétaire général, le secrétaire général adjoint et les statuts du secrétariat permanent pour préparer le sommet de l'UpM (que la Présidence espagnole espère pouvoir organiser au premier semestre 2010: NDLR) et pour développer le projet approuvé à Paris. Il faut reconnaître que ce n'est pas facile.
Nous croyons dans l'Union pour la Méditerranée. C'est une question stratégique pour l'Europe. La Méditerranée est une région fantastique, mais en même temps, c'est l'origine de l'instabilité du monde. La question israélo-palestinienne, c'est aussi la grande question de la paix. Or, l'Union pour la Méditerranée est le seul lieu où réunir Israéliens et Palestiniens.
A.E.: L'UE peut-elle sortir de son attentisme au Proche-Orient ?
D. L. G.: Je crois que l'Union européenne doit avoir une position plus active, plus présente. (…) Nous devons peser plus sur la scène internationale et c'est pour cela que c'est très important d'avoir les deux nouvelles figures du Traité de Lisbonne pour représenter aux yeux du monde l'Union européenne avec une seule voix.
A.E.: En Afghanistan, que peut faire concrètement l'UE pour soutenir la stratégie de sortie américaine ?
D. L. G.: Dans la région, le protagoniste est surtout l'OTAN (…) mais il y a une position politique de la part de l'Union qui est de soutenir l'action en Afghanistan.
A.E.: Finalement, quel est, selon vous, le plus grand défi à venir pour l'Union européenne ?
D. L. G.: Le plus grand défi pour l'Union européenne, c'est l'unité. C'est la capacité d'agir ensemble. Quand nous sommes ensemble, nous pouvons atteindre les objectifs (…) en politique économique, dans la politique contre le changement climatique, en politique extérieure. Et le Traité de Lisbonne a été élaboré pour obtenir une unité d'action de l'Union européenne. Pas seulement une unité de pensée, une unité d'action !
Appliquer le Traité de Lisbonne
La mise en œuvre du Traité de Lisbonne figure en tête des priorités de la Présidence espagnole depuis l'entrée en vigueur du traité le 1er décembre dernier. S'il est évident qu'il faudra plus de six mois pour appliquer toutes les nouvelles dispositions, la Présidence espagnole espère avancer rapidement et déblayer au maximum le terrain pour la Présidence belge qui lui succédera en juillet prochain. Pour y parvenir, les membres du gouvernement espagnol entendent se comporter en Européens à la recherche du nécessaire consensus, comme nous l'ont expliqué le secrétaire d'État aux Affaires européennes Diego López Garrido (voir l'entretien qu'il a accordé à EUROPE dans ce dossier) ou le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos (EUROPE n° 10044). Tous deux ont longuement insisté sur la responsabilité qui incombe à l'Espagne de trouver le bon modus vivendi entre la présidence semestrielle, le président du Conseil européen et le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.
Mais au-delà de cette coordination dont l'objectif ultime est d'offrir une plus grande efficacité et une plus grande visibilité à l'Union européenne, la Présidence va devoir exercer ses talents de médiation au service de l'application concrète des dispositions du traité. La mise en place du noyau de base du service européen de l'action extérieure d'ici avril 2010 figure en tête des objectifs. Compte tenu des craintes que suscite ce nouveau service dans les administrations nationales et dans les institutions européennes, rien ne permet aujourd'hui de garantir le respect de ce calendrier, d'autant qu'il existe d'importantes divergences entre le texte préparé par les représentants permanents au sein du COREPER et les attentes du Parlement européen formulées dans le cadre du rapport Brok. Or, le Parlement, qui n'est que consulté sur la proposition que devra présenter Catherine Ashton, détient plusieurs moyens de pression: approbation de la désignation du nouveau Haut représentant dans le cadre de l'investiture de la nouvelle Commission, modifications de l'accord interinstitutionnel et du statut des fonctionnaires qui sont indispensables pour faire fonctionner le service et éviter que des personnels relevant de statuts différents soient amenés à travailler ensemble.
Parmi d'autres articles du Traité de Lisbonne, la Présidence souhaite notamment favoriser un début d'utilisation des nouvelles compétences en matière d'énergie, faire adopter le protocole sur l'augmentation provisoire du nombre de députés européens (18 élus supplémentaires, dont 4 Espagnols), adopter les dispositions d'application de l'initiative citoyenne, lancer les négociations en vue de l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'Homme et engager la réflexion sur les conditions de mise en œuvre de la clause d'assistance mutuelle, de la clause de solidarité en cas de catastrophe ou de situation d'urgence et de la coopération structurée permanente dans le domaine de la défense.
Promouvoir l'innovation et relancer l'économie européenne
Alors que la reprise de l'économie est encore extrêmement fragile et que les conséquences sociales de la crise devraient encore se faire sentir pendant de longs mois, la Présidence espagnole espère faire approuver dès mars prochain la nouvelle stratégie économique 2020 en misant sur l'innovation et la croissance durable. Lors de sa conférence de presse du vendredi 18 décembre, au cours de laquelle il a présenté les priorités de la Présidence, Miguel Angel Moratinos a laissé entendre que l'Espagne serait favorable à ce que la nouvelle stratégie 2020, contrairement à la stratégie de Lisbonne actuelle, contienne des mécanismes contraignants pour obliger les États membres à effectivement respecter leurs engagements. La Présidence souhaite aussi renforcer la coordination des politiques économiques des États membres.
Le président du gouvernement espagnol avait donné le ton en évoquant dès le 12 février 2009 une révision approfondie de la stratégie de Lisbonne, accompagnée d'efforts « courageux et audacieux » qui soient réellement en mesure cette fois-ci de nous permettre de faire de l'Union européenne l'économie la plus dynamique de la planète. « Pour réussir à transformer l'Europe en force motrice de l'économie mondiale et progresser vers l'Union politique, nous devons aussi faire des progrès en direction d'une politique commune de l'énergie. Et cela doit, là encore, être le cas durant notre présidence, lorsqu'il faudra mettre en œuvre le deuxième plan d'action triennal pour l'énergie 2010-2012 », avait ainsi déclaré José Luis Zapatero en appelant aussi de ses vœux des progrès en matière d'infrastructures de dimension européenne.
L'Espagne veut parer les attaques contre la PAC et reprendre
la main sur la pêche
« L'agriculture et l'alimentation: un secteur stratégique pour l'Europe ». C'est sur cette idée que l'Espagne a bâti son programme de présidence semestrielle du Conseil Agriculture et Pêche. Elle met en avant les atouts de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire: - fournir des aliments sains et de qualité à la population, tout en évitant un haut degré de dépendance alimentaire (à l'égard des produits importés) ; - promouvoir l'emploi et favoriser la croissance économique ; - contribuer à préserver l'environnement, à maintenir les territoires et sa biodiversité et à lutter contre le changement climatique. Les principales priorités espagnoles en agriculture sont au nombre de trois: 1) l'avenir de la politique agricole commune (PAC) après 2013 (date de la fin des perspectives financières actuelles de l'UE) et même la PAC « à l'horizon 2020 » ; 2) la compétitivité de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire ; 3) le rôle des femmes dans le monde rural.
La PAC est, en quelque sorte, prise entre deux feux. Les récents événements (volatilité des prix des matières premières et la crise économique et alimentaire) ont ravivé les préoccupations sur la sécurité alimentaire mondiale, tandis que de nombreuses voix s'élèvent, au sein de la Commission et parmi les membres du Conseil, pour exiger une baisse importante après 2013 des crédits communautaires consacrés à la PAC. Le projet de communication de la Commission intitulé « Réformer le budget pour changer l'Europe », préconisant de couper dans les dépenses agricoles, est encore dans toutes les têtes, même s'il devrait subir des changements lorsque la version finale sera adoptée par la nouvelle Commission vers la fin du premier semestre de 2010. L'Espagne devrait défendre le maintien d'une part suffisante des dépenses de la PAC dans le budget communautaire après 2013, et devrait pouvoir compter sur l'appui de nombreuses délégations (France, Italie, Irlande, Allemagne…). Selon l'Espagne, la PAC est une politique communautaire qui bénéficie à tous les Européens et qui apporte une valeur ajoutée communautaire indéniable. L'Espagne compte poursuivre le débat sur l'avenir de la PAC, en abordant notamment les thèmes de la gestion des marchés et des situations de crise. La réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture, du 30 mai au 1er juin à Merida, sera consacrée aussi à l'avenir de la PAC.
L'Espagne compte mener d'importants travaux, durant ce semestre, pour aider la Commission européenne à préparer ses propositions législatives sur la réforme de la politique commune de la pêche. La Commission pourrait présenter ses propositions vers la fin de l'année 2010 ou au début de 2011, et l'Espagne, en tête des pays pêcheurs de l'UE, compte bien peser de tout son poids dans les discussions. Sa position est assez extrême, et très peu soutenue par les autres pays, en demandant une remise à plat non seulement du principe de stabilité relative (répartition des possibilités de pêche entre pays en fonction des captures historiques) mais encore du système de gestion des totaux admissibles de captures (TAC) et quotas. L'Espagne favoriserait un système basé uniquement sur les jours autorisés de pêche (jours de mer). Mais le débat ne fait que commencer, et la Présidence espagnole attend d'abord le rapport de la Commission qui tire des conclusions de la consultation sur le Livre vert sur la réforme. Le Conseil devrait débattre de cela lors de sa réunion des 19 et 20 avril. En outre, la Présidence espagnole compte lancer un débat, lors de la réunion du Conseil Pêche en juin (28 et 29 juin), sur un document de travail concernant certaines options sur les changements à apporter à la PCP. Parmi les autres priorités en matière de pêche figurent: la réforme de l'organisation commune de marché (OCM) des produits de la pêche, les plans de gestion pluriannuels de certains stocks de poissons (anchois, merlu du nord, chinchard, et saumon balte), l'étiquetage écologique des produits de la mer, ou encore le nouveau système de gestion des jours de mer s'agissant de la pêche des espèces dites d'eau profonde (grenadier de roche, empereur, lingue bleue…). L'Espagne attache une grande importance aussi aux accords avec les pays tiers, pour lesquels la réforme de la PCP implique de grands changements.
Mettre les citoyens au cœur de la politique européenne
« L'Europe ne peut se construire sans ses citoyens », a dit le 18 décembre Miguel Angel Moratinos en expliquant que la Présidence espagnole compte agir en faveur des droits des citoyens et renforcer le modèle social européen.
La Présidence compte notamment engager les travaux concernant la mise en œuvre de l'initiative citoyenne et l'adhésion à la Convention européenne des droits de l'Homme, promouvoir les droits garantis par la Charte des droits fondamentaux. Elle souhaite lancer les travaux visant à mettre en œuvre le programme de Stockholm, préparer un plan d'action pour l'égalité entre hommes et femmes sur la période 2011-2015. Une informelle dédiée à l'égalité aura lieu les 25 et 26 mars à Valencia. La présidence proposera aussi la création d'un observatoire européen de la violence à l'égard des femmes.
Sur le plan social, il s'agit de promouvoir un agenda social plus ambitieux pour « combler le fossé qui sépare actuellement les citoyens de l'Europe », a dit Diego Lopez Garrido le 8 décembre à Bruxelles. Pour y parvenir, la Présidence espagnole se propose de renforcer la cohésion économique et sociale. L'Espagne est favorable à l'extension de la politique de cohésion aux pays du dernier élargissement ainsi qu'à la mise en place d'un nouveau statut pour les régions ultrapériphériques. Elle soutient aussi l'extension du programme Erasmus à l'ensemble des facettes de la vie professionnelle.
En cette année européenne de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, l'Espagne entend être active tant sur le plan intérieur européen qu'en soutenant l'effort de coopération au développement. En matière d'aide au développement, l'Espagne souhaite montrer l'exemple et le président Zapatero a réaffirmé que son gouvernement respectera l'engagement d'augmenter l'aide pour atteindre l'objectif de 0,7% d'ici la fin de la législature à Madrid.
Renforcer l'influence de l'Union sur la scène internationale
Si elle est consciente du chemin qui reste à parcourir pour que l'Union européenne puisse enfin parler d'une seule voix sur la scène internationale, la Présidence espagnole compte œuvrer en faveur d'une plus grande cohérence et d'une plus grande efficacité de l'Union. « Nous avons besoin de créer une politique extérieure et de défense européenne », insiste le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Diego López Garrido, en rappelant que tous les sondages montrent que 80% des citoyens européens veulent une politique étrangère et de défense unique européenne.
Une intense activité diplomatique marquera ce premier semestre 2010, l'Espagne a le souci de contribuer avec le Haut représentant à une amélioration de la situation au Proche-Orient et à la relance de l'Union pour la Méditerranée, lors d'un sommet prévu début juin à Barcelone. Un autre sommet attendu est celui qui réunira l'UE et les pays d'Amérique latine et de la Caraïbe, du 15 au 19 mai à Madrid. Un sommet avec les États-Unis, le 24 mai à Madrid, devrait servir à régénérer la relation transatlantique, a expliqué M. Lopez Garrido. L'Amérique latine, la Méditerranée, les États-Unis et la Russie sont les quatre priorités que le président Zapatero a fixées à la Présidence espagnole lors du discours qu'il a prononcé devant les ambassadeurs espagnols le 7 octobre dernier à Madrid.
Sur le plan de l'élargissement, la Présidence espagnole espère conclure les négociations d'adhésion avec la Croatie et lancer celles avec l'Islande et l'ancienne République yougoslave de Macédoine. Elle aimerait aussi ouvrir de nouveaux chapitres dans les négociations avec la Turquie. « Ce grand pays attend depuis trop longtemps aux portes de l'Union », avait déclaré dès février 2009 José Luis Zapatero. Le président du gouvernement espagnol souhaite aussi que la Présidence espagnole se distingue en étant « euro-américaine, dans le sens le plus large du terme ». Il s'agit en premier lieu de renforcer le partenariat stratégique bi-régional avec l'Amérique latine et la Caraïbe. Mais l'Espagne espère aussi achever les négociations des accords d'association entre l'Union et les pays de cette région.
Calendrier de la présidence semestrielle espagnole du Conseil de l'Union européenne
Janvier
11-15: audition des commissaires désignés (Bruxelles)
12-14: réunion informelle des ministres des affaires européennes (La Granja, Segovia)
14-17: réunion informelle des ministres chargés de l'énergie et de l'environnement (Sevilla)
18: Eurogroupe (Bruxelles)
18: Conseil Agriculture & Pêche (Bruxelles)
18-19: auditions des commissaires désignés (Strasbourg)
18-21: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
19: Conseil Affaires économiques et financières (Bruxelles)
20-22: réunion informelle des ministres chargés de la justice et des affaires intérieures
(Toledo)
25: Conseil Affaires générales et Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)
26: Session du Parlement européen consacrée à l'investiture de la Commission (Bruxelles)
27-29: réunion informelle des ministres chargés de l'emploi et des affaires sociales (Barcelona)
Février
7-9: réunion informelle des ministres chargés de la compétitivité (San Sebastián)
8-11: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
11: réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement consacrée à l'économie
(Bruxelles)
12-13: réunion informelle des ministres chargés des transports (Coruña)
15: Eurogroupe (Bruxelles)
15: Conseil Éducation, Jeunesse et Culture (Bruxelles)
16: Conseil Affaires économiques et financières (Bruxelles)
17-18: réunion informelle des ministres chargés du développement (La Granja, Segovia)
21: réunion des ministres du Commerce (dîner) (Bruxelles)
22: Conseil Agriculture & Pêche (Bruxelles)
22: Conseil Affaires générales et Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)
24-25: réunion informelle des ministres de la Défense (Palma de Mallorca)
24-25: Session plénière du Parlement européen (Bruxelles)
25-26: Conseil Justice et Affaires intérieures (Bruxelles)
Mars
1-2: Conseil Compétitivité (Bruxelles)
5-6: réunion informelle des ministres des Affaires étrangères (« Gymnich ») (Cordoba)
7-8: Sommet UE/Maroc (Grenade)
8-9: Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs (Bruxelles)
8-11: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
11-12: Conseil Transports, Télécommunications et Énergie (Bruxelles)
15: Eurogroupe (Bruxelles)
15: Conseil Environnement (Bruxelles)
16: Conseil Affaires économiques et financières (Bruxelles)
16-18: réunion informelle des ministres chargés de la coopération territoriale (Málaga)
22-23: Conseil Affaires générales et Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)
24-25: Session plénière du Parlement européen (Bruxelles)
25-26: Conseil européen (Bruxelles)
25-26: réunion informelle des ministres chargés de l'égalité (Valencia)
29: Conseil des ministres chargés de l'agriculture et de la pêche (Bruxelles)
30-31: réunion informelle des ministres chargés de la culture (Barcelona)
Avril
9-10: Sommet UE/Pakistan (Madrid)
13-14: réunion informelle des ministres chargés de l'éducation (Madrid)
16-18: réunion informelle des ministres chargés des affaires économiques et financières (Madrid)
17: réunion informelle des ministres chargés des affaires économiques et financières + ASEM
(Madrid)
18-20: réunion informelle des ministres chargés des télécommunications (Granada)
19-20: Conseil Agriculture et Pêche (Luxembourg)
19-22: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
20-21: réunion informelle des ministres chargés des sports (Madrid)
22-23: Conseil Justice et Affaires intérieures (Luxembourg)
22-23: réunion informelle des ministres de la Santé (Madrid)
26: Conseil Affaires étrangères + Défense (Luxembourg)
Mai
: réunion informelle des ministres chargés de la pêche (Vigo)
5-6: Session plénière du Parlement européen (Bruxelles)
10: Conseil Affaires générales et Conseil Affaires étrangères + Développement (Bruxelles)
10-11: Conseil Éducation, Jeunesse et Culture (Bruxelles)
13-14: Sommet UE/Mexique (Santander)
15-19: Sommet UE-Amérique latine et Caraïbe (Madrid)
17: Eurogroupe (Bruxelles)
17: Conseil Agriculture & Pêche (Bruxelles)
17-20: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
18: Conseil ÉCOFIN (Bruxelles)
18-19: réunion informelle des ministres chargés des handicapés (Zaragoza)
24: Sommet UE/États-Unis (Madrid)
25-26: Conseil Compétitivité (Bruxelles)
30: Sommet UE/Russie (Rostov)
30-31: réunion informelle des ministres de l'Agriculture (Mérida)
31: Conseil Télécommunications et Énergie (Bruxelles)
31: Sommet UE/Canada (Bruxelles)
Juin
1er: réunion informelle des ministres de l'Agriculture (Mérida)
3-4: Conseil Justice et Affaires intérieures (Luxembourg)
5-7: Sommet de l'UpM (Barcelone)
7: Eurogroupe (Luxembourg)
7-8: Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs (Luxembourg)
8: Conseil Économie et Finances (Luxembourg)
14: Conseil Affaires générales et Conseil Affaires étrangères + Développement (Luxembourg)
14-17: Session plénière du Parlement européen (Strasbourg)
17-18: Conseil européen (Bruxelles)
21: Conseil Environnement (Luxembourg)
21-22: réunion informelle des ministres chargés du logement et du développement urbain (Toledo)
24: Conseil Transports (Luxembourg)
28-29: Conseil Agriculture et Pêche (Luxembourg)
Fiche pratique
Présidence du gouvernement
Président José Luis Rodriguez Zapatero
Juan Cierco
Director General de Información Internacional
Secretaría de Estado de Comunicación
Tél.: (+34) 91 321 40 61
E-mail: juan.cierco@mpr.es
Ministère des Affaires étrangères
Miguel Ángel Moratinos
Julio Albi de la Cuesta
Director General de comunicación Exterior
Tél.: (+34) 91 379 93 42
GSM: (+34) 618 200 413
E-mail: julio.albi@maec.es
Ministère de l'Économie et des Finances
Elena Salgado
Bruno Pérez Vázquez
Asesor de Comunicación Gabinete Prensa Vicepresidencia Segunda
Ministerio de Economía y Hacienda
Tél.: (+34) 91 595 56 39
GSM: (+34) 669 825 510
E-mail: bruno.perezv@meh.es
Ministère de la Justice
Francisco Caamaño Domínguez
Ángela Torija Tendero
Directora de Programas de Información
Ministerio de Justicia
Tél.: (+34) 91 390 22 70
GSM: (+34) 695 913 516
E-mail: angela.torija@mjusticia.es
Ministère de l'Intérieur
Alfredo Pérez Rubalcaba
María Jesús Gallego Estremera
Subdirectora de Información
Ministerio del Interior
Tél.: (+34) 91 319 20 94
E-mail: prensa@mir.es
Ministère de la Défense
Carme Chacón
Georgina Higueras Rumbao
Tél.: (+34) 91 395 57 03/04
GSM: (+34) 649 486 877
E-mail: ghigueras@minisdef.es
Ministère de l'Égalité
Bibiana Aído
Gabriela Aldea
Portavoz para la UE del Ministerio de Igualdad
Ministerio de Igualdad
Tél.: (+34) 91 524 32 18
GSM: (+34) 630 874 193
E-mail: galdea@migualdad.es
Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes
Diego López Garrido
Cristina Villalba
Jefa de Prensa del Gabinete del Secretario de Estado para la Unión Europea
Tél.: (+34) 91 379 83 23
GSM: (+34) 696 38 27 04
E-mail: prensa@ue.maec.es
Représentation permanente de l'Espagne auprès de l'UE
Ambassadeur Carlos Bastarreche
Représentant auprès du comité politique et de sécurité
Ambassadeur Carlos Enrique Fernandez Arias Minuesa
Porte-parole
Cristina Gallach Figueras
Tél.: +32 (0) 2 509 86 30
Email: cristina.gallach@reper.maec.es
Attachée de presse
Ana de Miguel Langa
Tél.: +32 509 86 24
E-mail: ana.demiguel@reper.maec.es
Plus d'informations sur le site de la Présidence: http: //http://www.eu2010.es