Bruxelles, 22/12/2009 (Agence Europe) - La Serbie est tout à fait capable de « créer une surprise positive » et de remplir tous les critères d'adhésion à l'Union européenne d'ici « 2014 », a affirmé le président serbe Boris Tadic, mardi 22 décembre à Stockholm où il a officiellement remis la candidature d'adhésion de son pays au président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt. « Nous pouvons atteindre cet objectif », a lancé M. Tadic lors d'une conférence de presse. Dix ans après la fin de la guerre dans les Balkans, dix ans après son isolement international, la Serbie cherche à rallier « l'Europe qui représente pour nous des valeurs et la tolérance, la paix et le respect mutuel » ainsi qu'un engagement en faveur d'une « démocratie profonde et durable », a dit le président serbe. La Serbie d'aujourd'hui a tourné la page nationaliste des années 90 et souhaite vivre de manière prospère, en paix et en sécurité avec tous ses voisins, a poursuivi M. Tadic qui souhaite que tous les pays des Balkans deviennent un jour membre de l'UE. Devant la presse, M. Reinfeldt n'a pas souhaité spéculer sur une date d'adhésion pour la Serbie - il a plutôt parlé d'un « long parcours exigeant qui nécessitera beaucoup de réformes » - mais il s'est dit convaincu que la Serbie, une fois qu'elle sera membre, apportera une « contribution importante » à l'intégration européenne et à la stabilisation des Balkans. Olli Rehn, le commissaire à l'Élargissement qui était également présent à Stockholm, a dit espérer que le Conseil invite la Commission, « dans les prochains mois », à préparer son avis sur la candidature serbe. Cette décision (qui requiert le soutien unanime des 27) ne sera pas facile à obtenir, admet M. Tadic en faisant référence aux Pays-Bas qui ont longtemps bloqué la mise en œuvre de l'ASA intérimaire parce qu'ils estiment que Belgrade ne fait pas tout son possible pour arrêter les derniers criminels de guerre en fuite, notamment Radko Mladic et Goran Hadzic. L'ASA intérimaire a été débloqué début décembre (EUROPE n°10035) mais la ratification de l'ASA proprement dit reste toujours suspendue en raison du veto néerlandais. Mardi, M. Tadic a affirmé que les autorités serbes faisaient « tout ce qui est possible » pour arrêter les deux fugitifs. « S'ils se trouvent sur le territoire serbe, ils seront capturés. Soyez-en sûrs », a-t-il dit. La divergence sur le statut du Kosovo (dont Belgrade refuse de reconnaître l'indépendance, tout comme le font cinq des 27 pays membres de l'UE) ne devrait pas compliquer le processus d'adhésion car Belgrade compte continuer à « séparer » cette question de la politique pour continuer le combat sur le plan juridique et diplomatique (notamment devant la Cour internationale de justice), a dit M. Tadic. (H.B.)