Bruxelles, 14/12/2009 (Agence Europe) - Les ministres de la Pêche des États membres de l'UE reprennent, ce mardi 15 décembre, à Bruxelles, leurs négociations sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour l'année 2010 dans les eaux de l'Atlantique, mer du Nord et Manche. Après avoir distribué, lundi 14 décembre dans la matinée, un premier texte de compromis sur les possibilités de pêche, qui reflète seulement quelques-unes des requêtes des États membres, notamment sur le merlu du nord, la Présidence suédoise du Conseil a rencontré chacune des délégations, en présence de la Commission européenne, pour identifier les principaux points de blocage. Un deuxième texte de compromis devrait être présenté mardi, en vue d'un accord politique.
Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche, a admis que le premier texte de compromis ne reprend pas toutes les demandes des pays de l'UE. Pour la catégorie des stocks pour lesquels il n'y a pas d'avis scientifique, la Commission est prête à limiter les baisses de quotas à 10% (contre une baisse de 15% selon la proposition initiale). C'est le cas notamment de certains stocks de lieu jaune (Manche, mer Celtique), lieu noir (Manche, mer Celtique et golfe de Gascogne), cabillaud, merlan, plie et sole. En outre, la Commission a défendu sa proposition sur le plan de gestion du chinchard, en particulier sur le découpage des zones de gestion, qui pose des problèmes pourtant à plusieurs pays (Irlande, France, Pays-Bas…). M. Borg a justifié aussi les restrictions suggérées au sujet de la langoustine en zone VII (mer d'Irlande, Manche et mer Celtique). La Commission propose d'interdire la pêche de la langoustine dans le box de Porcupine et de réduire le TAC de 20%, à 19 720 tonnes (la Commission proposait, au départ, une baisse de 30%). Royaume-Uni et Irlande demandent le maintien du TAC actuel pour cette espèce.
Joe Borg a souligné l'importance de respecter les plans de gestion. Par exemple, Espagne et Portugal demandent de ne pas réduire les jours de mer des navires qui pêchent le merlu du sud et la langoustine de la péninsule ibérique. La Commission suit les règles du plan de gestion, à savoir une baisse de 10% des jours de pêche.
La seule véritable concession faite par la Commission à l'Espagne surtout (et aussi à la France), et qui se retrouve dans le premier texte de compromis, consiste à accepter une hausse de 7% du TAC de merlu du nord, à plus de 55 000 tonnes, alors qu'elle proposait, au départ, une baisse de 10% des prises de cette espèce.
En outre, la négociation est rendue plus compliquée à cause de l'échec des négociations sur l'accord bilatéral annuel entre l'UE et la Norvège. La Commission espère reprendre les discussions avec les Norvégiens à la mi-janvier 2010, en vue d'un accord vers la fin janvier. En attendant, la Commission a inscrit dans les tableaux des possibilités de pêche provisoires pour 2010 réduites de 50% par rapport aux volumes de 2009 pour: - 1) les sept espèces gérées conjointement par l'UE et la Norvège en mer du nord: hareng (48 922 tonnes provisoires pour 2010 pour l'UE), cabillaud (11 951 tonnes provisoires pour 2010), églefin (16 340 t pour l'UE provisoirement), merlan (6 297 tonnes), plie (26 308 tonnes pour l'UE), lieu noir (30 224 tonnes pour l'UE) et maquereau (11 727 tonnes pour l'UE dans les eaux de mer de Norvège et de mer du Nord) ; - 2) les espèces qui font l'objet d'échanges entre l'UE et la Norvège: le merlan bleu (37 029 tonnes pour l'UE), le maquereau (155 767 tonnes pour l'UE dans les autres zones que la mer du Nord), la sole en mer du Nord (6955 tonnes pour l'UE), le sprat en mer du Nord (75 389 tonnes pour l'UE) et le chinchard (75 641 t).
Par ailleurs, le compromis prévoit: - une baisse de 20% du TAC de cabillaud de mer Celtique (la Commission proposait au départ -25%) ; - une hausse de 5% du TAC de sole dans le golfe de Gascogne.
Parmi les autres dossiers en discussion figurent: - l'arrêt de la pêche ciblée de certains requins, à savoir l'aiguillat et le requin-taupe (la France souhaite le maintien d'un petit quota de requin-taupe, en faveur de six navires de l'île d'Yeu spécialisés dans cette activité) ; - la réduction de 15% des prises de certaines raies ; - la reprise de la pêche à l'anchois dans les eaux du golfe de Gascogne (l'Espagne souhaite « un petit » quota d'anchois à compter du 1er janvier 2010, alors que la Commission propose un quota à partir de juillet 2010 si l'avis scientifique de juin le permet). (L.C.)