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Bulletin Quotidien Europe N° 10029
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/sÉcuritÉ alimentaire

La politique agricole commune doit rester la « pierre angulaire » de la sécurité alimentaire, selon le Parlement

Bruxelles, 27/11/2009 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 26 novembre à Strasbourg, et à une très large majorité (541 voix pour, 28 contre et 17 abstentions), une résolution commune (PPE, S&D, ADLE, Verts/ALE et ECR) sur le sommet de la FAO et la sécurité alimentaire, le Parlement européen a estimé que la PAC (politique agricole commune) devrait « demeurer la pierre angulaire de la politique de sécurité alimentaire de l'Union européenne et devrait faire l'objet de nouvelles adaptations pour répondre aux problèmes de sécurité alimentaire en Europe et dans le monde ». Il a aussi mis en garde contre le démantèlement des mesures de gestion du marché et les réductions des paiements de soutien aux agriculteurs face à l'extrême volatilité des prix des produits de base et donc des revenus agricoles.

Le Parlement rappelle que l'Union européenne est le premier donateur mondial d'aide au développement et d'aide humanitaire, mais qu'au niveau international, la part de l'aide publique au développement (APD) consacrée à l'agriculture, notamment par l'Union européenne, n'a cessé de diminuer depuis les années quatre-vingt, reculant de 17 % en 1980 à 3,8 % en 2006. Il estime aussi que la déclaration finale du sommet mondial 2009 sur la sécurité alimentaire « n'analyse pas suffisamment les raisons de l'échec de l'éradication de la faim, et ne présente pas non plus de propositions concrètes sur la façon d'intensifier la lutte contre la faim ». Or, selon la FAO, il suffirait d'investir trente milliards d'euros par an pour assurer la sécurité alimentaire d'une population mondiale qui atteindra 9 milliards d'habitants en 2050.

Le PE souligne que le nombre de personnes souffrant de la faim et de la pauvreté dépasse désormais 1 milliard et qu'il s'agit là d'un « fléau inacceptable qui frappe la vie d'un sixième de la population mondiale ». Il invite tous les États membres à renouveler et renforcer leur engagement de réaliser l'objectif du Millénaire pour le développement n°1 (réduire de moitié la faim d'ici à 2015), et à se rallier à l'objectif mondial visant à éliminer la faim et la malnutrition d'ici à 2025 ou, à défaut, dans les meilleurs délais possibles.

Le PE se dit préoccupé par le fait que les prix des denrées alimentaires sont « susceptibles d'augmenter considérablement une nouvelle fois à mesure que l'économie mondiale se redresse, étant donné que nombre de problèmes structurels persistent, notamment un manque d'investissement et une forte demande dans certaines régions ». Il souligne que si les agriculteurs ne bénéficient pas d'un juste prix en l'échange de leurs produits, « ils arrêteront leur production ». Les exploitations agricoles de l'UE produisent entre 17 % et 30% du blé, du lait et du bœuf au niveau mondial. Le « maintien d'exploitations agricoles viables dans l'Union européenne sera de la plus haute importance pour assurer les approvisionnements alimentaires de l'Union et du monde dans les années à venir », lit-on ainsi dans la résolution commune.

Changement climatique. Le PE prie instamment la Commission et les États membres: - 1) d'intégrer dans les négociations qui seront menées prochainement à Copenhague des « mécanismes financiers équitables et des schémas de partage de la charge de l'adaptation au changement climatique », en accordant une attention particulière au soutien des pratiques agricoles respectueuses du climat ; - 2) d'adopter des mesures coordonnées contre une nouvelle détérioration de la fertilité des sols et de la biodiversité; -3) de réduire les déchets dans les filières alimentaires mondiales ; - 4) et d'améliorer l'accès aux marchés locaux.

Le PE demande un « renforcement » du programme thématique pour la sécurité alimentaire (2007-2010), lequel est actuellement doté de 925 millions d'euros pour toute la durée de la période. L'un des obstacles majeurs à l'accroissement de la production agricole dans les pays en développement réside dans l'accès limité des petits agriculteurs aux prêts et au microcrédit afin de pouvoir investir dans les semences, les engrais et les dispositifs d'irrigation. Dans cette perspective, la Banque européenne d'investissement est invitée à explorer les moyens d'élaborer des programmes en faveur des producteurs alimentaires locaux dans les pays en développement, assortis de garanties de crédit pour favoriser l'accès au crédit et au microcrédit. (L.C.)

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